Publié le 21 Mai 2015

"Manifeste pour le vin naturel" écrit par Antonin Iommi-Amunategui sort en Août 2015 aux Éditions de l’épure.

Ce manifeste vise à la reconnaissance officielle des vins dits naturels. Dès les premières lignes on sent que l'approche ne sera pas modérée. Ici le vin naturel est défini comme une contre-culture, ce qui est pour le moins étonnant. Car tout au long de cette lecture, on avance dans une impasse : celle du clivage entre d'une part, ceux qui consomment nature (décrits comme des "franc-buveurs") et de l'autre côté une agro-industrie opaque. Cette division résonne tout au long de la lecture de ce bouquin. Et c'est bien le fait de compartimenter qui me semble dérangeant et dangereux.

Car, le monde du vin est déjà plein de clivages. Il y a d'ailleurs un paragraphe très intéressant dans ce livre sur les AOC/AOP arborant le fait que les vignerons natures n'y auraient parfois pas le droit car ils auraient "refusé l'assimilation œnologique". Là, cela va trop loin.

Ce sont parfois les vignerons eux-mêmes qui se refoulent en commission d'agrément et en dehors. Souvent ce sont les premiers à se tirer dessus. Ils ont beaucoup de mal à trouver des terrains d'entente. C'est là que naissent les chapelles où l'on se retrouve entre soi, entre vignerons ayant la même vision, la même philosophie. C'est tout le danger, l'enfermement.

Il n’existe pas de cadre légal pour l'utilisation du terme vin naturel, c'est tout l'objet de ce manifeste. Mais le message des défenseurs absolus du vin naturel est flou, celui récent des cavistes-alternatifs encore plus par ailleurs. Il y a ceux qui seraient en marge et les autres. Le clivage et l'impasse se rejoignent ici. J'ai senti aussi une idéalisation du métier de vigneron dans ces lignes. Il aurait peut-être fallu aborder la question économique du milieu, autrement plus intéressante que de savoir si il faudrait mettre 20 ou 30 mg/l maximum d’anhydride sulfureux pour être accepté par les autres vignerons de la même sphère d'influence. La clé serait peut-être une ébauche d'entente entre les vignerons, discuter pour progresser, montrer pour partager, le tout sans clivages et sans chapelles (ce qui n'empêche pas les convictions).

Tout le monde possède une vérité sur ce nectar qu'est le vin, l'auteur à la sienne, un avis tranché qui se respecte. De ce livre, il résulte l'invariable envie de trouver un cadre pour définir les vins naturels. Mais dans cette lecture, j'ai surtout retenu les mots des garde-fous (Richard Leroy, Pierre Overnoy ou encore Alice Feiring et Jacques Néauport) mettant en garde du danger que peut présenter la création d'un cadre pour ces vins. Peut-être que cela exclurait davantage de vignerons que cela ne pourrait en rassembler. Pourtant, poser un cadre peut sembler nécessaire. Car, si il y entre, le vigneron s'engagera. Cela évitera toute baliverne pour le consommateur et on passera du monde de l'intention à celui du concret.

Pour ma part, je ne suis pas en mesure de donner un avis sur la création ou non d'un cadre ou d'une définition des vins naturels. Ce que je crois c'est qu'on essaie de nous expliquer quoi boire ou plutôt quoi ne pas boire. Mais il n'y a pas de cadre pour cela car c'est la liberté de chacun.

Vin naturel, vin idéal ?
Vin naturel, vin idéal ?

Manifeste pour le vin naturel - 7€ - Les Éditions de l'épure

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Livres

Publié le 8 Mai 2015

Une dégustation qui démarre fort avec cette pépite de "Roulpapille". Un vin qui n'a jamais aussi bien porté son nom. Le coefficient de buvabilité est très haut. Celui d'étonnement aussi lorsque vous apprenez que c'est du Cabernet Franc ! Oubliez les Cabernets durs et secs, voici un pur jus frais, un litron de raisins mûrs. Facile à boire et pourtant si difficile à faire en Anjou. Si j'étais professionnel dans le milieu du vin, je prendrais tout. Du Chaffardon au top ! Point.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

On continue avec le maître et la suite de "La Mentule Matagrabolisée" c'est-à-dire "MM2". Chenin superbe de longueur, d'amertume et de sel. Le vin est gourmand et précis. C'est toute la patte de Didier Chaffardon marquant ainsi ses Chenins.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Et voici toute la raison d'être des Soirées de l'Hôtel Maillard. Des discussions passionnées et des envies de comparaison. Lorsque vous évoquez les thèmes de Chenin et de maturité, la "Coulée de Serrant" fait figure d'emblème dans ce registre. Et pourtant ce 2002 offre une sensation de déséquilibre avec une force alcoolique, une rude amertume et un oxydatif qui mêlé à l'alcool rend un jus lourd. Ce n'est pas mon style de Chenin, d'autres sont certainement plus adeptes. Mais plus le métier de dégustateur vous imprègne plus vous cherchez la subtilité, l'aérien, l'équilibre et vous tendez un peu moins en direction de l'explosif et de la richesse alcoolique.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

L'envie de se refaire les papilles ? Dans ce cas vous pouvez soit revenir au premier vin de la soirée ou bien trancher avec "Les Rachais" 2007 de Francis Boulard. Une bulle au top de sa forme ! Un TGV en bouche : ça file droit, c'est long, c'est vif ! L'équilibre est basé sur la salinité, cette envie d'en boire à nouveau comme un besoin de se désaltérer. 20/20

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

"Isidore" 2004 ... c'est le trésor absolu pour les amateurs de Chenin. Toujours excellente lors de ces soirées mais rarement aussi bonne que ce soir là ! Alors comment vous dire ? C'est cette combinaison de céréales flottant dans les airs, cette force linéaire, preque apaisante et qui va à l'essentiel. Le vin a 10 ans et frôle la jeunesse ...

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Voici un Ovni signé Mark Angéli. Coteau du Houet 2005 version moût de raisins partiellement fermentés. Le sucre résiduel accompagné des petits 6% d'alcool forment un équilibre sublime. Ce jus offre un touché de bouche aérien ainsi qu'une classe au vin à mettre dans les légende des sucres en bouteille.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Miss Terre, Melon de Bourgognue, Marc Pesnot. Après le sucre, retour à l'acidité, aux sensations de citron et de tranchant. Issu de vieilles vignes et de fermentation lente, ce Melon donne l'impression peu croyable que c'en est un. A inscrire dans le Panthéon des Muscadets (sans appellation, malheureusement). 

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

"Les Rachais" 2005 version rosé, voilà un mystère pour moi. Je n'arrive pas à me l'expliquer alors pourquoi arriverais-je à vous le décrire ? Je vais essayer. Ce n'est pas un rosé de Champagne gourmand, ceux qui aiment le dosage passez votre chemin. Non, ce vin offre une structure, une acidité mais aussi une vinosité qui le placera sur une table. Notes d'eau-de-vie, d'évolution de fruits et c'est à partir de là que je ne comprends plus ... Il n'empêche, vous trouverez un Champagne à forte personnalité et à la texture complexe.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

"Racines" blanc 2010 de Claude Courtois. On atteint des sommets ! Pierre à fusil, finesse, longueur, relief et pureté composent un vin très étiré. Assemblage de 4 cépages (Menu Pineau, Sauvignon Blanc, Romorantin et Chardonnay en complantation). Une expérience absolue !

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

"Clôt de Taillelauque" 2002 du Casot des Mailloles. Comme une intérrogation sur les effets d'une bouteille bouchonnée ou non. Aspect ligieux olfactivement pour la première bouteille, gustativement sur la seconde. Puis l'aération inverse les sensations et les sentiments. Ne serait-ce point l'élevage en fût particulier qui apporterait subtilement ces notes trompeuses ? Il faut se méfier des aprioris. Le vin reste sublime, la matière est là, la concentration aussi (15, 16, 17% d'alcool ?) mais sans la lourdeur. Sur le fil et dans son unicité.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard
Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Voilà un autre Ovni, l'une de ces bouteilles qui n'existent plus, que l'on ne trouvera plus. "Jour de Fête" 2005 de Jean-Marc Brignot. Solaire et saline, c'est une cuvée toute en profondeur. Un tourbillon de sel à lui seul, un Jour de Fête.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Au tour de la bouteille mystère de la soirée. Du Chenin version 1997, millésime d'exception en Loire où l'on a atteint des concentrations exceptionnelles et des dégrés potentiels battant tous les records. Il s'agit d'un vin de Didier Chaffardon mais à l'époque où il régissait le Domaine des Charbottières (le domaine sera finalement vendu et Didier s'installera seul en récupérant quelques parcelles). Une bouteille provenant d'une seule barrique nous a t-il confié. Le vin est riche, un peu atténué par l'alcool mais encore long et demeurant.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

"La Gautrie" 2004 de Christian Vernier ne s'est pas bien goûté en cette fin de repas. Un Sauvignon pris de court semble t-il avec un oxydatif tombant et rendant le vin lourd et dissocié. Le temps a fait son effet et a pris l'âme du vin.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Rien de tel que "L'indolent" pour se remettre d'aplomb ! Le léger sucre résiduel est bien réhaussé par une acidité portant la signature des vins du domaine. A toute heure avec ce jus, on frise l'insolence !

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

"Le Gelignon". Traduisez "vigne gêlée de Cabernet Sauvignon". Un jus rouge tanique et plus rustique qu'à l'accoutumée avec une belle densité. Cela reste frais et se marie à merveille aux desserts à fruits rouges. Une cuvée de Cabernet Sauvignon totalement à part de ce que l'on connaît de ce cépage. A goûter pour se rapprocher d'un cépage au final peu connu sous cette facette.

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Et pour finir, voici un Crémant d'Alsace de chez Jean-Pierre Rietsch. Nez riche, miellé. Bouche plus ronde qu'attendue pour un Crémant dit "Extra Brut" même si l'équilibre l'emporte. Belles bulles fines et élégantes. Ce vin apporte fraîcheur et vivacité mais on en attend plus, c'est toute la difficulté de passer après toutes ces bouteilles !

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

Merci Anne & Philippe pour la bienveillance de cette soirée !

Roulpapille - Les Soirées de l'Hôtel Maillard

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Les soirées de l'Hôtel Maillard

Publié le 28 Avril 2015

"Petit Salé" & "Corail" sont deux cuvées du Château de Roquefort situé à Roquefort la Bédoule dans le département des Bouches-du-Rhône. Le rosé c'est "Corail" donc. Six cépages livrent un vin à la texture délicate. La matière est nerveuse, voilà un rosé en place, droit et bon ! "Petit Salé" est un blanc à base de Clairette enrichi avec du Vermentino. Étonnant que ce vin tendu, tirant vers des notes de Melon de Bourgogne au nez et s'étirant en bouche. Acidulé et vif, il détonne !

Deux jolis vins issus du millésime 2014.

Deux très beaux vins du Château de Roquefort

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Provence - Corse

Publié le 14 Avril 2015

Du Chardonnay drôlement bon, bu en version magnum. Un blanc éclatant que ce 2010 équilibré entre richesse qu'aiment les uns et vivacité qu'apprécient les autres. Au centre de tout cela, un noyau dur sur la maturité et l'expression. Décidément ça bouge dans le vignoble du Mâconnais !

Saint-Véran "Les Chailloux" - Domaine des Poncetys

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Bourgogne

Publié le 15 Mars 2015

Belle franchise dans ce Crémant du Jura 2012 du domaine Champ Divin. Clairement tournée vers la tension, cette bulle "non dosée" possède une acidité volatile bien inscrite. Ce vin creuse son sillon dans l'acidité et le réveil des papilles. Difficile de donner un jugement de valeur, entre non-gourmandise et structure droite et ferme. On prend davantage la direction de l'épuré, du vif, du tranchant que du riche ou de l'arrondi. Cette version "Brut nature" ou "Zéro dosage" montre bien la difficulté de séduction de ces bulles vinifiées ainsi - qui souvent - divisent les dégustateurs.

Crémant du Jura - Champ Divin

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Jura - Savoie

Publié le 8 Mars 2015

Très bon Champagne millésimé vineux et doté d'un oxydatif dû à son élevage. Richesse, expression forte dans l'aromatique et longueur. C'est un Champagne gastronomique. Très apaisant, cet assemblage de Chardonnay (85 %) et de Pinot Meunier (15 %) rappelle les évolutions lentes des vins de Champagne. Bravo, c'est très bon !

Champagne 2006 - Laherte Frères

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Champagne

Publié le 24 Février 2015

Très joli Pinot Noir enclin à la fraîcheur et appuyé par une matière aérienne. Floral et féminin, c'est un Alsace 2010 au tactile subtil que j'ai réellement apprécié. Bravo, c'est très bon !

Pinot Noir de Kuentz-Bas

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Alsace

Publié le 14 Février 2015

Ce vin met en relief toute la structure des Cabernets (Franc et Sauvignon) mais aussi la délicatesse et la fraîcheur qu'offrent ce genre de jus de temps à autre. C'est simple, acidulé et possédant suffisamment de mâche pour la table. Une bouteille typique de l'Anjou !

Anjou Villages Brissac - Domaine de Bablut

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Val de Loire

Publié le 10 Février 2015

Voilà un blanc de Loire qui claque, un blanc dans le vent. C'est ciselé, porté vers la tension. Ce n'est pas le fruit qui domine mais l'expression d'un sol. Une approche du terroir, vers le schiste et sa minéralité. Cela rend un vin droit, net, carré. On vibre avec l'acidité. Le Chenin de Loire, c'est aussi cela.

Le vent dans les saules - Laurent Charrier

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Val de Loire

Publié le 3 Février 2015

Voici une soirée dite de "l'Hôtel Maillard", délocalisée cette fois. Petit rappel pour ceux qui ne connaissent pas l'envers du décor de ces soirées. Il s'agit de goûter des vins hors-catégories. Le plus souvent ils ont pris de l'âge, les millésimes respectifs ont quasi disparu de la circulation et, en réalité, c'est un peu la pré-histoire du vin naturel (en Anjou) avec des cuvées tests. Certains vins issus de millésimes comme 2002, 2004 ou 2006 ne ressemblent aucunement à leurs contemporains issus des derniers millésimes. Parfois les vignerons ont changé de vision et de méthodes, d'autres n'ont rien chambardé depuis leurs débuts. Les soirées de l'Hôtel Maillard portent un regard sur tout cela en permettant d'ouvrir des bouteilles peu communes tout en les partageant pour comprendre. Et c'est enfin une compréhension du temps.

Cette dernière dégustation s'est déroulée au restaurant "Un Brin Folk" tenu par Pierrick & Marion à Angers. Nous vous le recommandons, vous y trouverez toujours un bon accueil et de belles tartines (sans oublié les desserts maison et leur fameux cheese-cake !).

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

La première bouteille est une habituée de ces soirées. Isidore 2004. C'est un peu le métronome du Chenin en Anjou. Le vin a légèrement refermenté et contrairement à ce que l'on pourrait penser c'est plutôt bon signe parfois. Ici flottent les avoines, les céréales et toute l'acidité nécessaire pour finir la bouteille. Un grand Isidore, prêt, dans toute sa splendeur.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

La seconde bouteille, c'est un magnum apporté par Michèle Aubéry du domaine Gramenon. 2007 cuvée "A. Pascal". C'est bon, très bon. Un millésime où la grêle a frappé les vignes. Le jus s'en tire bien, précis et gourmand.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Les Rachais. Un nom devenu célèbre dans le milieu des amateurs de Champagnes. C'est une cuvée produite par Francis Boulard et sa fille Delphine à Cauroy-les-Hermonville dans la Marne. Pur Chardonnay, dozage néant et grand vin. Du sel sur ce millésime 2009, c'est frappant. Il y a beaucoup d'énergie, semble t-il. Acidité et vinosité sont d'une évidente perceptibilité mais ce qui fait voyager c'est l'expression, la race de ce vin. Un des champagnes préféré des "Soirées de l'Hôtel Maillard" maintes fois débouchés sur divers millésimes comme 2004, 2005, 2006 ou 2007.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Le vin blanc suivant n'a pas fait l’unanimité. Plus fermé que les autres jus ouverts précédemment, il se présente dans un registre plus lourd et moins digeste. C'est un Manzoni du domaine Faradori en Italie qui nous est apparu monotone.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Rien de tel qu'une bouteille de Didier Chaffardon pour remettre le palais en place ! Et cette bouteille "Le Rouzé" en est l'archétype. Mais ce jus plaît ou ne plaît pas. Il n'y a pas d'autre alternatives. Cabernet Franc & Cabernet Sauvignon mêlé sur un millésime compliqué. C'est le vin de casse-croûte avec des sensations de verdeur (grappes vinifiées entières), de fruits croquants et d’acidité mécanique. C'est un vin de copain à condition de bien choisir ses copains.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Voici un blanc réfléchi, construit et assemblé avec quatre parcelles d'âge différents. Venu de Bourgogne, du domaine Naudin-Ferrand, on croirait un Sauvignon dégusté à l'aveugle. Un peu trop Sauvignon d'ailleurs et repousant à force. Par logique, on finit par se dire au vu du nom du domaine que ce sont des Chardonnay assemblés. Après vérification, ce sont des Aligoté. Malgré notre jugement hâtif, le vin ne nous a pas convaincu plus que cela malgré son peps.

 

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Le Puy 1989. Un beau jus, encore vivant. Il s'exprime assez justement. Même si les saveurs tendent vers le cuit et le tertiaire (sous-bois), l'équilibre est là. Il n'y a guère davantage à dire à son propos mis à part qu'il possède une belle franchise et encore quelques années pour se dévoiler encore. Un vin posé.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Top of the top ! Que dire à part que Richard Leroy produit des vins à son image. A la fois réfléchis, élégants, précis et toujours sur le registre de la tension. Depuis que Richard Leroy fait des chenins secs, chaque millésime est attendu et à juste titre puisqu'à chaque fois l'on s'aperçoit de la qualité de ses jus. Quelle définition !

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Mais parfois le Chenin peut s'avérer décevant. Prenez cette Coulée de Serrant 2013 et vous avez le prototype d'un vin blanc avec beaucoup de mollesse. La matière est lourde. Peu d'énergie dans la bouteille pour contrecarrer l'alcool. De mon point de vue, ce n'est pas l'équilibre que je cherche dans un Chenin. L'acidité manque cruellement et c'est pourtant cet élément qui fait que l'on peut terminer une bouteille. Ceci dit c'est à prendre avec précaution puisque ce 2013 a été mis en bouteille récemment. Un long carafage pourrait faire parler le vin autrement. Du temps en bouteille et une oxygénation seraient sans aucun doute des conditions meilleures pour la dégustation de ce vin blanc mythique de Loire. A revoir dans quelques années donc !

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Morgon "3.14" de Jean Foillard. Voilà un habitué des soirées Maillard ! 2005 se montre sous un beau jour avec un Gamay frais, élégant et gourmand. Le bois, sous-jacent, me gêne un peu et m'a toujours gêné sur cette cuvée (sauf 2004, un accident sans doute). Mais tout de même, ce jus est un jeune homme qui en dira tant d'ici quelques années à ceux qui ont la chance d'en avoir encore un peu dans leur cave.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

"La Mémé" 2008 du domaine Gramenon de Michèle Aubéry. Un jus sublime, frais, mentholé. Se caractérisant par une belle fraîcheur et des notes de garrigues ce soir-là. Un bonheur dans les verres !

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

2006 millésime plus que difficile à appréhender en Anjou. "Les Ecoliers" c'est, en faisant un raccourci, un demi-sec vinifié par Didier Chaffardon. Le jus est joli malgré une sensation de fatigue. Moins de reprise qu’habituellement avec les vins de Didier. Hormis cela, le vin est très digeste grâce un sucre parfaitement intégré.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

On continu avec du Chaffardon et le fameux "Canal Historique" 2005. Un rouge qui ressemble à un blanc et qui est surtout doté d'une acidité incroyable. Cette bouteille, il n'y a que dans ce genre de soirée que l'on peut la trouver et la boire.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Après la "Coulée de Serrant" décevante, voici un "Brézé" du Clos Rougeard décevant lui aussi. Mou, acidité masquée, vite écrasant, ce jus ne tient pas dans la longueur. Les autres cuvées débouchées ne font qu'accentuer cette sensation. L'oxygène n'aidera pas, en vain. La bouteille restera pleine.

Un Brin Rock - Les Soirées de l'Hôtel Maillard #13

Et pour finir, le Vinsobres "La Papesse" de Michèle Aubéry. Plus réduit que la dernière fois où je l'avais dégusté, le jus se montre pourtant gourmand avec beaucoup de fond. Un magnifique magnum !

Avec la participation de :

Michèle Aubéry du domaine Gramenon

Anne Demion de "Time 4 - Coffee Shop"

Pierrick & Marion de "Un Brin Folk"

Anastasia Rocque

Philippe Méaille

Didier Chaffardon vigneron en Anjou

Paul Guillouard (venu de Corse !)

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Les soirées de l'Hôtel Maillard

Publié le 22 Janvier 2015

Un Muscadet peint sur un ton hivernal avec une acidité prenante. Cela ressemble à un air marin. On y croise un fruité facile, un variétal tout à fait agréable. Vivacité, fraîcheur et droiture : les attributs qualitatifs d'un bon muscadet !

Je suis Muscadet

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Val de Loire

Publié le 18 Janvier 2015

A l'ouverture la réduction saute au nez pour rapidement faire place à des notes de cassis et de sous-bois. La sensation dominante est la maturité poussée, confirmée en bouche par une puissance alcoolique (15 % vol) et une astringence agréable. L'acidité qui tient souvent les vins du domaine est bien présente et fait de cette "Papesse" 2012 un jus à la fois puissant et tout à fait gourmand à placer sur table avec des invités carnivores. Une cuvée qui tient son idéal dans la garde. Patientez quelques années ou - pour les plus impatients - carafez.

Domaine Gramenon / La Papesse de Michèle Aubéry-Laurent

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Vallée du Rhône