Publié le 23 Septembre 2014

Un jour une personne que je connais à peine, m'a prêté par générosité et avec un large sourire un livre. Cette personne avait été séduite par ce petit ouvrage et tenait vraiment à ce que je puisse le lire et me faire ma propre idée sur le sujet. J'ai accepté et je l'ai posé sur un coin de bureau quelques semaines avant de m'y plonger. C'est, pour le moment, ce que j'ai lu de plus beau sur le monde du vin. Voici Mes aventures sur les routes du vin de Kermit Lynch écrit en 1988.

Kermit Lynch - Récit d'un (voyageur) amoureux du vin

Voici le récit d'un voyageur ou d'un acheteur itinérant comme il le dit lui-même, doté d’anecdotes comme il ne s'en vit plus de nos jours. Kermit Lynch, caviste californien, conte 30 ans de voyage dans les vignobles français à la recherche de vins d'émotions, de nectars vivants et de terroirs préservés.

Pendant des années K. Lynch a sillonné les routes de France pour découvrir des terroirs, des crus et des vignerons. Il évoque la découverte de la dégustation, ses premières émotions, la manière de sélectionner tel ou tel vigneron ou tel ou tel vin. C'est un peu la sagesse ce Kermit Lynch, il sait observer, écouter et retranscrire. Il raconte une époque entre les années 1960 et la fin des années 1980. Il a vu des générations de vignerons se succéder et la technologie nouvelle arriver et changer l'allure des chais et des vins. il a vu les fûts remplacés par des cuves inox. Il a vu des vins d'auteurs produit par un père puis rendu stérilent par le fils. Les filtrations, stérilisations, adjonction de sucre ont changé le rapport au vin. Il témoigne de cette époque où il vu et goûta ces changements. Les anecdotes sont bien contés et je ne résiste pas de vous en livrer quelques unes :

A propos des sentiments générés par la dégustation à l'aveugle :

"Avant ce premier voyage, ma seule école de dégustation, si l'on peut appeler cela une école, consistait en de fréquentes dégustations à l'aveugle, les étiquettes étant masquées pour cacher l'identité de chaque vin, ce qui est supposé garantir l'objectivité des dégustateurs. Invariablement, les gagnants étaient des bombes de gros calibres, des vins chargés de tanins et d'alcool. De tels vins font une impression écrasante, surtout au premier coup de nez de de langue, et c'est ce qui compte dans une dégustation à l'aveugle. Mais l'excès de tanin et d'alcool inhibe les pailles gustatives"..."Quand on déguste en situation normale, c'est-à-dire à table, où le vin tient sa vraie place, il est difficile de continuer à s'intéresser seulement au tanin et à l'alcool...."

Après une première rencontre et dégustation chez Hubert de Montille en Bourgogne :

"J'ai quitté la France en ayant fait ma première découverte en matière de vin, mon premier achat direct dans un domaine viticole français, et je me suis aussitôt senti totalement insatisfait des autres vins que je vendais. Dans l'avion mes pensées planaient. Je voulais trouver d'autres Montille. J'en voulais à Vosne, Nuits, Aloxe, Savigny, dans chaque village de Côte d'Or. Je voulais que le boeing 747 fasse demi-tour pour que je puisse commencer à dénicher des propriétaires. Cette seule dégustation avait été une révélation, et ce qui auparavant était pour moi une accupation intéressante devint une passion."

Sur le sujet de la chaptalisation forte de l'époque et des consommateurs :

"Bordeaux, Bourgogne, Beaujolais... presque toutes les régions viticoles de France sont coupables de surchaptalisation (on ajoute trop de sucre dans le moût de façon a augmenter la teneur en alcool). Cela, parce que le public veut des vins costauds et que pour lui un titre d'alcool élevé signifie un vin bien corsé. Autrefois, le Beaujolais était un vin léger, un peu pointu, facile à boire. On pouvait en consommer une bouteille au déjeuner sans avoir besoin de faire la sieste ensuite. Maintenant, ce Beaujolais que vous goûtez a probablement débuté dans l’existence avec 10 degrés d'alcool naturel - c'était un vin léger - pour finir en bouteille à 14 degrés - c'est devenu un vin très corsé. Après tout, c'est le consommateur qui décide si le vin doit avoir bon goût et un bon bouquet ou bien s'il doit seulement savoir cogner. Le jour où le public changera de critères, nous boirons tous du meilleur vin."

Kermit Lynch - Récit d'un (voyageur) amoureux du vin

Kermit Lynch nous livre parfois ses sentiments intimes au sujet de la France durant ses voyages d'années en années :

"La Vieille France disparaît, lentement mais sûrement. Depuis quinze ans que je la sillonne, les changements m'apparaissent radicaux. Dans la France nouvelle, la France syndicaliste, où c'est le conseil d'administration qui gouverne, où l'agriculture est orientée vers la production à tout prix, y a-t-il un avenir pour un domaine comme le château de l'Hospital (Vin du Bordelais), où le désherbage est effectué par un troupeau de moutons et où le compost organique est l'unique engrais ? Est-ce que seules les caves coopératives géantes ou des négociants groupés en sociétés anonymes nous approvisionneront bientôt en piquettes insipides et impersonnelles ?

Et puis parfois, il nous embarque dans ses souvenirs de dégustations :

"D'une couleur sombre et violacée, leur vin ne bénéficie pas d'une appellation contrôlée. Il a simplement le droit de s'appeler vin de pays. Bien qu'il soit délicieux et plein de caractère, susceptible d'éclipser bon nombre de ses brillants voisins dûment titrés, aucune encyclopédie du vin, aucun guide ni atlas viticole ne vous conduira à lui. Et la plupart des négociants américains n'ont pas envie de s'embêter : leurs clients exigent Napa Valley, Bordeaux, Bourgogne, tous les gros calibres, comme si tout le meilleur avait déjà été inventorié et catalogué, et comme si les étiquettes et les prix tenaient toujours leurs promesses. En 1982, le vin de pays de la Gautière (Paul et Georgette Tardieu dans la Vallée du Rhône) s'est vendu péniblement deux dollards cinquante la bouteille en Californie !"

Et aussi sa colère :

"Qu'en est-il du Saint-Joseph actuel ? Comment cette aire de production est-elle passée de moins de cent hectares à plus de quatre cents en moins de vingt ans ? Pourquoi l'appellation Saint-Joseph est-elle sur le déclin, tandis que ses volumes augmentent ? La réponse à ces questions réside sur les flancs de collines abandonnées, où règnent les mauvaises herbes et les éparses réminiscences d'une vigne devenue liane rampante. Les bureaucrates de l'INAO (Institut national des appellations d'origine) ont élargi les limites de l'AOC Saint-Joseph, réunissant d'un seul coup pratiquement tout ce qui se trouve sur la rive ouest du Rhône, de Cornas à Ampuis, soit sur soixante kilomètres au moins, y compris les terres basses du bord du fleuve, qui n'avaient jamais été plantées de vignes auparavant. Ils permettent à ces bibines de s'infiltrer sur le marché dans des bouteilles tout endimanchées d'une étiquette Saint-Joseph. Au diable le consommateur et la sincérité de l'habillage ! Au diable les scrupules à l'égard des prédécesseurs, qui ont peiné pour façonner ces collines escarpées en sites favorables à la vigne et qui ont laissé après eux des milliers de kilomètres de murs en pierre construits à la main parce que le vin de là-haut était meilleur. Rien n'est sacré pour ces officiels de l'INAO, qui constituent de dévaluer ces terroirs historiques alors qu'ils sont payés pour les protéger.

Sa colère à travers les mots de Gérard Chave :

"Chave m'a dit avec un grand sourire : Ils ont presque tous terminé leurs vendanges. Ils avaient peur qu'il ne pleuve, peur de jouer à la roulette. Certains d'entre eux ont fini depuis une semaine et nous débutons juste. Il n'auront pas assez de sucre naturel dans leur raisin et seront obligés de chaptaliser. Mais oui, c'est permis maintenant, même à l'Hermitage. C'est un scandale. Ainsi, les œnologues disent à tout le monde de vendanger plus tôt pour avoir davantage d'acidité de diminuer le risque de pourriture. Ils leur conseillent de vendanger de bonne heure et d'ajouter du sucre plus tard. Tenez, goûtez-moi ce grain de raisin encore vert. Il n'a ni goût ni caractère. Maintenant, goûtez un grain doré. Vous voyez la différence ? Ils veulent tous faire ce que j'appelle du vin technologique. Il peut être fruité mais c'est toujours le même goût, qu'il vienne de la Loire, du Rhône ou bien de n'importe où. Ce n'est pas ça que je veux."

Kermit Lynch - Récit d'un (voyageur) amoureux du vin

On n'en apprend beaucoup dans ce bouquin :

"Mon grand-père a fait du vin ici après la Première Guerre mondiale. Il le vendait en fûts aux bistrots du pays. Cinq francs le litre. Pour les gens d'Ampuis, le côte-rôtie était le vin de tous les jours. Ils buvaient un verre en jouant aux boules, dehors sur la place du village. Par la suite, après la Seconde Guerre mondiale, la vie a commencé de changer, son coût à augmenté. Les gens ont voulu davantage de confort. Avant, ils allaient à la pêche le dimanche et ils portaient les mêmes vêtements jour après jour, mais plus tard il a fallu que chacun ait une auto, puis une deuxième, un nouveau congélateur, des vacances. Pendant ce temps, le vin de la Côte-Rôtie ne se vendait guère mieux. Alors, que s'est-il passé ? On a décidé que ça ne valait pas le coût de labourer en coteau. Ça coûtait trop d’efforts. Et on a abandonné les côtes. Si la moitié de la Landonne est en friche, ça date de cette époque là. C'est à ce moment qu'on a planté en plaine, à l'aval d'ici. Mais on a planté des abricotiers parce que c'était plus rentable que de vendre du côte-rôtie. Des abricots, des laitues, des petits pois..."......."Cinquante pour cent de la Landonne en friche ! Et d'après René Rostaing, soixante pour cent du vin produit aujourd'hui à Ampuis vient du plateau, que les anciens avaient plus judicieusement consacré au maïs et au blé. Quelle tragédie pour l'un des meilleurs vignobles du monde !"

Intéressant de lire un témoignage de Jules Chauvet :

"Et aujourd'hui, il y a une différence parce que tout le monde veut des vins qui soient optiquement vides. Dans le temps, on ne faisait pas attention à la limpidité. Je ne sais pas comment nous en sommes arrivés à juger un vin par sa limpidité. Personne ne demande qu'un jus de fruit soit clair. Je me rappelle qu'en 1930, après le grand millésime de 1929, des clients suisses m'ont acheté du Fleurie en barrique, plein de gaz carbonique et encore sur ses lies. Ils ont roulé la barrique dans leur restaurant, l'ont juchée sur le comptoir, ils ont ouvert la bonde, remué le vin, enlevé le fausset et l'ont servi à boire tel quel. C'était comme de la soupe rouge, mais quel parfum ! Les Suisses étaient ainsi, ils voulaient le vin entier. Maintenant, vous devez dégazer, vous savez, faire sortir le gaz carbonique, mais en faisant cela, vous enlevez le parfum du vin. Si seulement nous pouvions convaincre le consommateur d'accepter un vin qui picote un peu mais avec tout son bouquet. Avez-vous remarqué combien tout le monde adore le champagne mais ne tolère pas la moindre présence de gaz dans un beaujolais ? "

Kermit Lynch - Récit d'un (voyageur) amoureux du vin

Et pour finir en simplicité, ce que peut penser Henri Jayer en 1985 :

Autrefois, mais il n'y a pas encore si longtemps, les négociants goûtaient le vin mis en vente à la propriété. S'il était bon, ils le prenaient ; sinon, ils le laissaient. Maintenant, il y a une analyse qui dit : tant et tant d'acidité fixe et volatile, la malolactique est terminée ou non. C'est comme ça qu'ils achètent désormais. Ce n'est plus basé sur le goût et c'est bien triste. Nous avons trop tendance à nous fier à la science, là où auparavant on accordait de l'importance aux choses naturelles. Ce qui est sûr, c'est que les anciens n'étaient pas stupides, et s'ils ont établi une tradition, elle était fondé sur leur expérience. Ils essayaient d'éliminer les facteurs défavorables et de conserver ce qui marchait le mieux. De nos jours, il n'y a plus cette expérience partagée. Dans le vignoble, les gens ne se parlent plus. Ça change tout. C'est le monde moderne, et le vin à changé avec lui. Aujourd'hui, la qualité moyenne est peut-être supérieure, je n'en suis pas sûr, mais nous n'atteignons plus les sommets d'autrefois. Moi, ce que j'aime ici en Bourgogne, c'est la diversité des styles d'une cave à l'autre. Mais nous sommes en train de perdre cette diversité avec leurs vins standard. Ils sont parfaits, parfaitement neutres, ils ne valent rien. Oh ! Beaucoup de restaurateurs les aiment parce qu'avec eux ils n'auront pas de plaintes. Pas de compliments, pas de réclamations. Mais le jour où nous n'aurons plus que des vins standards, nous allons nous ennuyer à mourir."

Bref si vous trouvez ce bouquin, lisez Kermit Lynch, vous ne vous ennuierez pas à mourir. Il vous dira que votre palais vaut davantage que les notes et les classements des magazines spécialisés. Qu'il faut vous écouter. Qu'il faut réfléchir à côté de quel plaisir vous seriez passé si vous aviez suivi les notations au lieu de votre propre goût !

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Rédigé par Jean-Charles Huon

Publié dans #Livres

Publié le 5 Septembre 2014

Voilà un Grolleau qui détonne dans la vallée du layon ! Il est à point, il est bon, il est juteux et profond. C'est mûr, d'une matière dense et ferme. Un jus où il y a du fond, de la longueur, du rythme. Un rouge à dominante structuré même si on y trouve une fraîcheur réjouissante. Décidément le Grolleau, au même titre que le Pineau d'Aunis par exemple, fait partie de ces cépages que l'on a arraché au profit d'autres dits plus productifs et vendeurs (Cabernet Sauvignon...) mais qui de nos jours sont replantés et certains vignerons savent vraiment les mettre en valeur !

Les Coteaux Kanté de Bruno Rochard

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Publié le 21 Août 2014

J'aime les vins blancs de tension, de vivacité, dirigés par un saillant marqué. Voici deux exemples de vins qui caractérisent mon indéfectible passion pour ces vins davantage portés vers le cailloux que vers le fruit. Ils sont plus austères, se livrent plus lentement mais plus sincèrement vue de mon palais.

Le Pitrouillet de Clément Baraut, devenu valeur certaine de l'appellation Savennières se montre de cette catégorie de vin net, puissant et salivant. C'est tranché, minéral et cinglant. un 2013 sans sulfites et parfaitement droit.

La Folle Blanche du même millésime de Marc Pesnot se montre plus gourmande même si elle est dotée d'une acidité naturelle bien marquée également. Le gaz carbonique se dissipe rapidement pour nous offrir un jus équilibré entre douceur et nervosité.

Deux bouteilles qui claquent sur 2013 !
Deux bouteilles qui claquent sur 2013 !

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Publié le 12 Août 2014

Petite bombe du Languedoc que cette cuvée "Le Laouzil" ! Un vrai bonheur d'équilibre, de gourmandise et de plénitude. Coup de cœur pour ce Saint-Chinian précieux. Pas plus de commentaires à ajouter, le vin parle de lui-même. Achetez-le et buvez-le, c'est accessible et bon !

Le Laouzil de Thierry Navarre

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Publié le 18 Juillet 2014

Un jus qui a déjà 15 ans ! En apparence en tout cas car dans le verre il respire la jeunesse. Malgré une légère réduction à l'ouverture, ce vin s'ouvre sur des notes de cuir, de fruits noirs, un nez sanguin, profond. La bouche donne une sensation sucrée, presque ronde. C'est bon, gourmand, épicé même si l'alcool domine le vin au final. Pour autant, il manque clairement une acidité pour mettre debout ce squelette. Il y a pourtant un très beau fond, un vrai plaisir de déguster ce jus sudiste. Belle bouteille.

Les Colonnades 1999 - Philippe Viret

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Publié le 11 Juillet 2014

Alors là tu peux te brosser pour trouver que c'est un rosé ! Avec cette attaque gourmande, un peu épaisse puis avec une tension phénoménale, l'impression de boire un blanc semble logique. En fait c'est un rosé à base de Gamay vinifié en 2007 ! Une fois passée la surprise et la concentration (re)venue, on s'aperçoit que c'est un jus apaisant au palais avec une belle finale nerveuse. Une des belles surprises des dernières semaines... C'est aussi cela l'esthétique du vin.

L'éphémère 2007 - Stéphane Bernaudeau

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Publié le 7 Juillet 2014

Voici un bilan de la dixième Soirée de l'Hôtel Maillard, une soirée Off qui se devait de mettre en lumière les jus qui nous ont fait vibrer pendant les 9 premières soirées. Les sels, amers et autres acides tant recherchés pour comprendre la construction de ces jus définissent une certaine "Esthétique du Vin".

Et cela commence par un Champagne de Francis Boulard. "Les Rachais" ont souvent été mis en avant version bulles blanches. Pour la dixième ce sera la version rosé 2005. Une version surprenante avec un nez de notes fanées, de peaux de fruits, d'olives. Des sensations méditerranéennes ! La gaz s'échappe très vite pour laisser place à une structure vineuse et acidulée. Plus la bouteille est ouverte plus l'acidité croît ! Le lendemain la bouche se montrera ferme avec une sensation citronnée pour donner une tension importante accompagnée d'une fine amertume. Ce n'est pas une bulle simple à appréhender, de mon point de vue une certaine austérité est présente mais c'est un Champagne d'exception. Rare sont les Champagnes qui pouvant rivaliser avec une telle acidité !

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

Lors de la première soirée nous avions bu un Château Le Puy 1989. 2009 était l’occasion de voir un vin 20 ans plus jeune. Déception malgré un nez sanguin, mûr, un peu dans le style fruits noir/café. Bouche ample à l'attaque puis se durcit vite avec une matière serrée. Finale pas agréable avec une sensation de notes fermentaires (sauce soja) et de poussières. La bouteille la plus difficile de la soirée.

Rien de mieux qu'une "Mentule Matagrabolisée" pour se remettre d'aplomb ! Mon Dieu quelle acidité !!! On dirait un Casot Blanc de chez Gisèle et Alain Castex (Casot des Maillolles) mais avec moins d'alcool. Structure acide et finale de sel donnent le diapason pour les autres. Didier Chaffardon est le métronome de l'Anjou. Une "Mentule" avec ce nez de céréales et à la bouche de boulet de canon ! Le lendemain le vin semble avoir gagné en volume et ressemble à un "Isidore" (autre cuvée de Didier).

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

En parlant de "Casot Blanc" en voici un ! Là aussi c'est une reprise sur l'acidité mais avec davantage de volume que la "Mentule" de Didier Chaffardon. Au nez c'est une "Mentule du sud". Malgré l'alcool, on discerne une énorme tension dans le vin ! Un léger passage en carafe l'améliore, le dégaze un peu et lui permet de davantage se livrer. Finale sur la salinité. J'adore ce vin !

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

Et c'est parti pour un classique des Soirées Maillard ! Un vin de Mark Angeli autre métronome de la région pour savoir jusqu'où les vignerons peuvent aller. "Les Fouchardes" 2003. Eau-de-vie, pruneaux, anchois... Noté 14,5 d'alcool mais mon oeil ! Il y a plus... Finale salée, beaux amers avec un bel alcool = un ovni.

C'est une grosse claque dans le palais, heureusement qu'il y a une acidité qui soutient le tout ! Très joli, très tonique "Les Fouchardes" du millésime caniculaire ! Un vin d'expériences...

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

Ah voilà la Bouteille dont nous parlions à chaque fois que c'était possible. Elle était de côté, attendue patiemment... "3.14" de Jean Foillard, un Morgon ultime où les arômes aériens semblent pinoter. Prune salée, notes laiteuses, petits fruits rouges croquants, griottes à l'eau-de-vie donnent un nez complet au vin. Bouche ressemblant à un vin blanc ou plutôt à un Macvin du Jura. Amertume et acidité d'un blanc et encore une fois une finale salée. C'est excessivement magique ! Bouteille historique ! Qui en a encore ?????

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

On continu dans le bizarre avec cette micro-cuvée de Ddidier Chaffardon. Un Rouge 2005 appelé "Canal Historique" de quelques bouteilles. Un jus plein, dense, puissant avec des fragrances d'encres, d'épices, de café. Le lendemain le jus se porte sur le cassis et reste vraiment gourmand. Magnifique jus, c'est le vin d'un seul mec et pas n'importe lequel !

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

Gros débat entre tapis volant et escalator... J'explique : "Isidore" 2005 offre un jus apaisant avec sa rondeur caressante et ses beaux amers. C'est fin, délicat, profond et ...on a les yeux dans le vide quand on goûte à cela. D'où cette sensation de tapis volant, d'un repos majestueux de quelques secondes pour le palais, d'escalator montant lentement... A vous de goûter pour comprendre.

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

Et voici la dernière ! "Sayonara" (pas pour tout le monde) de Thierry Puzelat. Un Sauvignon hors norme aux notes de blés, de cannelle et de sucre roux. Une superbe volatile tient le vin et rend le sucre fin. Encore une belle amertume et une finale de sel (marque des grands vins ?). Pour moi cette bouteille représente le résultat d'un assemblage harmonieux des ingrédient sucre/sel pour livrer un jus incroyable en 2005. Mais qui a donné l'appellation Touraine à ce vin ?????

L'esthétique du Vin - Les Soirées de l'Hôtel Maillard - La Dixième

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Publié le 18 Juin 2014

Cela fait quelques semaines maintenant que cette bouteille fût ouverte. C'était avant que la grêle ne s'abatte sur le vignoble médocain et notamment sur les vignes (moins de 2 hectares) de Didier Michaud alias "Planquette" ou Château Planquette.

Le jus m'a impressionné ! Un Rouge bien construit, dense et bien équilibré. Un léger passage à l'air l'ouvre vraiment avec des tanins à la fois pleins et délicats. Un élevage très bien intégré, bref une harmonie que j'ai apprécié totalement !

Planquette 2010 de Didier Michaud

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Publié le 2 Juin 2014

Premier nez rustique presque austère avec des notes quelque peu animales mêlées à un léger boisé. L'aération, conseillée d'ailleurs, ouvrira ce jus sur des notes plus pulpeuses de fruits noirs et des parfums sudistes (épices...)

Bouche assez aérienne dans un registre friand et frais pour un Minervois. Le boisé se fait légèrement sentir, le jus est jeune et pas encore dans un équilibre magistral même si l'on sent beaucoup de fond. Les tannins sont fluides et rendent le vin d'une belle buvabilité. A laisser de côté quelques temps pour profiter d'un grand devenir.

Le Bois des Merveilles

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Publié le 21 Mai 2014

Nez pur avec une sensation dominante de minéral. On ressent un olfactif nerveux et tendu ainsi qu'un sentiment mitigé entre élevage et minéral. Difficile d'imaginer ce vin au sud... Le vin étant élevé uniquement en cuve, la sensation d'élevage vient donc d'autre chose... certainement du cailloux chaud que l'on respire tout le long de la dégustation. On décèle un vin "hyper-terroir", avec une notion de pureté. Ce n'est pas le fruité qui s'exprime mais le cailloux !

En bouche aussi cette cuvée transpire la minéralité. Ce n'est pas mou et on ne tombe aucunement dans l'alcool. La salivation caractérise la longueur. Carafé, le jus s'ouvre sur des notes un peu plus floral (notes alsaciennes) et finement cidreuses toujours dans un registre d'extrême élégance et de complexité. J'adore ! Un grand vin de l'hexagone !

Les Calcinaires Blanc - Domaine Gauby

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Publié le 18 Mai 2014

2012 ! Millésime fraîchement mis en bouteille par le domaine Jean & Pierre Gonon à Mauves se montrant olfactivement classique avec une dominante variétal de la Syrah. Violette, zan, et menthol se partage un joli nez mais presque monolithique. L'ouverture de la bouteille fera sortir davantage les notes d'élevage (mentholé appuyé).

La bouche se montre fraîche, veloutée, emmenée par une acidité rendant ce vin digeste et de beaux tanins. Un Saint-Joseph aérien, pas d'une grande profondeur en l'état actuel mais cela reste très gourmand pour 2012.

Saint-Joseph - Domaine Gonon

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Publié le 11 Mai 2014

Waouh ! Il y a des jours comme ça où quelqu’un te dit "Tiens ça te tente que je te fasse goûter un truc l'aveugle ?"

"Ben oui avec plaisir !" Tu ne trouves rien de mieux à répondre de toute façon...

Et bien ce fut une bouteille étonnante ! Incroyable Sauvignon de Pouilly-Fumé que ce Buisson Renard de Louis-Benjamin Dagueneau. Cette version 2010 offre un éventail aromatique incroyable. En vrac voilà ce que cala donne : infusion de plantes, notes exotiques, cailloux chaud, citron minéral, réduction fine, pointe légumineuse, notes de silex brûlé. Et la bouche me direz-vous ? Puissante mais surtout précise, ça vous dresse les poils. Dans un registre cristallin ou racé avec la puissance du calcaire, une salivation sur le citron. C'est bluffant, cela ressemble un instant un peu à un Sémillon vinifié en vin sec. Un jus improbable, déroutant à l'aveugle vous rappelant que même si cela fait pas mal d'années que vous dégustez et bien vous n'y connaissez toujours rien ou presque ! Bref, c'était la bombe de vendredi soir...

Merci Benjamin, beau cadeau ! Laisse moi réfléchir afin que je te retourne l’ascenseur...

Buisson Renard by Dagueneau

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