Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique

avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.

Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 10:30

 

      Toute personne ayant goûté ses vins et passé un peu de temps avec Jean-Michel Deiss ne ressort pas sans questions sur le vin, la vie et la quête de sa propre existence. Vins de Terroir par excellence, les vins du domaine Marcel Deiss possèdent en eux cette faculté incroyable de pousser la notion de terroir vers l'ultime. Maître de la complantation*, JM Deiss dessine des vins d'une pureté remettant en cause tout le système préconçu des vins de cépages alsaciens. 

 

L'Altenberg de Bergheim, riche de roches calcaires, est un cru caractérisé par son exposition et son terroir tout particulier. La pourriture noble attaque doucement des raisins issus d'une complantation historique de cépages traditionnels. La vendange se veut également unique, il n'y a pas de tris comme on peut l'observer habituellement dans l'élaboration des moelleux et des liquoreux. 

 

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Le vin se dévoile par sa vibration. 104 g de sucres résiduels que l'on ne sent tout simplement pas ! Géniale tonicité avec cette espèce d'ampleur ciselée. Déboussolé, vous regardez autour de vous si vos voisins ont le teint blême et les yeux écarquillés que vous imaginez avoir. Le vin est tonique, à la fois solaire et calcaire, mûr et salé, tropical et énergique. C'est une sorte de locomotive que l'on ne peut stopper. Un vin de nuances, de précisions aussi ... la matière du vin monte doucement vers une éternelle ascention.

Je dois avouer que c'est aussi un vin que j'ai encore du mal à comprendre par sa complexité de jus, par le fait qu'il veuille dire quelque chose. Un vin fait pour prendre sa liberté ...

 

* La complantation c'est un peu comme ajouter des lettres dans l'alphabet, ajouter des nuances dans la complexité déjà présente. C'est une pratique ancestrale dans le vignoble alsacien, les cépages ancestraux y étaient plantés ensemble sur un même cru, un même lieu-dit. Le vin n'était pas encore devenu une sorte de vin de marque par son cépage unique mais une nature complexe de diversité. La mention du cépage est facultative, la résultante d'un lieu unique compte beaucoup plus.

Par Jean-Charles - Publié dans : Alsace
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 00:20

 

     Il est des soirées, parfois, où la nature profonde du vin naturel n'a plus de sens. 11 vins d'auteurs ont comblé mon palais de joie mais surtout d'émotions uniques. Description de souvenirs d'une dégustation renversante ...

 

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Le premier vin de la soirée. Un vin qui n'a jamais été commercialisé sur ce millésime. Pourquoi ? On peut répondre par une autre question. Qui aurait acheté un tel vin ? Le Gory 2003 du Château Yvonne (qui a changé de propriétaire depuis) doit être carafé. Beaucoup de gaz s'échappant rapidement pour laisser place à une maturité incroyable. Il porte en lui ce nez de citron confit et de quinine. La bouche est harmonieuse. Parfaitement en place, ce Saumur blanc offre - malgré l'effet solaire du millésime et la surmaturité également recherchée - un équilibre virvoltant. On y trouve surtout beaucoup de plaisir et une définition assez poussée d'un vin dynamique. Les 13% d'alcool notifiés sur l'étiquette sont là pour la formalité. Le vin en fait bien sûr 16 ou 17.

 

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Après un tel vin plus que surprenant, il fallait quelque chose qui favorise la refonte du palais. Rien de mieux qu'un vin porté sur l'oxydatif pour cela. Soleil de Midi de Christophe Guittet (j'en avais déjà parlé ici & ) à ceci de particulier. Evidemment ce 2008 montre un nez basé sur l'oxydatif, un petit côté pomme mais "Vous avez beau dire. Y'a pas seulement que de la pomme, y'a autre chose." comme dirait Paul Volfoni (Jean Lefebvre) dans la scène mythique de la cuisine des Tontons Flingueurs. Un fond épicé, du fruit et du poivre et surtout de la digestibilité.  

 

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Moins commun à trouver maintenant. Les Vignes du Moulin de Didier Chaffardon. Quand un ovni fait un ovni. Voilà un Rouge de Cabernet Franc (je crois) sur 2007. Rien à voir avec la dilution du millésime. Au contraire le vin dévoile un nez de fruits très mûrs. Sorte de petite liqueur avec ces notes particulières de cerises à l'eau de vie. En bouche, une acidité de mammouth tient le vin et pour longtemps. D'une rare buvabilité ...

 

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Il nous fallait un esprit de comparaison pour juger d'une telle acidité sur le vin précédent. Le 1989 de Jean-Pierre Amoreau du Château Le Puy fut parfaitement à la hauteur. Une grande bouteille ne tient pas à grand chose. Un nez équilibré, loin d'être mort, loin d'être sur le déclin avec son fruit frais malgré son âge. Une acidité qui tient une bouche encore large. Très efficace, ce Bordeaux Côtes de Francs est bien en place et les heureux possesseurs d'un tel flacon : soyez sans crainte ! 

 

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Si il y avait une petite déception elle est ici. Sans doute attendais-je trop de Visinum du Casot des Mailloles d'Alain Castex. Malgré une somptueuse matière juteuse, l'acidité volatile que dégage ce vin en ce moment masque le plaisir du simple fruit. Elle embarque le vin et ne le lâche plus. Les sensations sont masquées et on est aveugle en dépit d'une telle matière. Dommage, Visinum reste très bon tout de même mais le vin ne voulait pas se livrer davantage.

 

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Un autre ovni me semble t-il. Voici la cuvée Franc de Pied 2005 de Julien Courtois. Du blanc comme il est rarement permis d'en boire. Du Menu Pineau splendide. Equilibre, ouverture et solidité définissent un superbe Franc de Pied.

 

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Nous continuons avec un vin farceur. Un rouge 2005 de Didier Chaffardon qui se fait passer pour un blanc. Le nez d'un blanc, la bouche d'un blanc mais bel et bien un rouge. Etonnant un tel vin. Servi à l'aveugle, au-delà du plaisir qu'il autorise à ressentir, ce vin permet surtout à n'importe quel dégustateur de prendre une leçon d'humilité.

 

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Les Vignes Françaises en Foule de Mark Angeli (Ferme de la Sansonnière en Anjou) fait également partie des cuvées hors norme. Je n'ai pas beaucoup de mots à vous exposer mais une simple sensation de plénitiude due à une matière aérienne qui pose le vin dans la durée. La matière est étirée et persiste longuement sans fatiguer.

 

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Le vin qui suit est une petite bombe. La cuvée Victor & Joseph 1996 du Château de Suronde ! Sous son étiquette de Quarts de Chaume et sa couleur cuivrée magnifique se dégage un vin ciselé, animé par la grâce et l'esprit musical. Plus qu'attirant, il est irrésistible. Ses notes d'un soir offraient menthols, confiseries, coings et abricots confits ... Jamais le vin n'est tombé dans le mou. Acidité et fraîcheur habitent un vin d'un haut équilibre. Plus de 300 grammes de sucres résiduels mais d'une grande buvabilité : la beauté des grands liquoreux ...

 

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Parfois la facilité des vins naturels font oublier qu'il existe d'autres vins plus droits. Soudain l'envie de goûter à un vin d'une plus grande rectitude se fit sentir. Alors Brézé entre en scène. Un Saumur Blanc made in Clos Rougeard. Grandiose. Un nez bourguignon, une impression de boule de feu en bouche et une finale d'une minéralité qui force l'admiration. Les yeux écarquillés et la bouche révitalisée par un tel vin, nous pouvions continuer pour un dernier flacon.

 

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La Transversale de Joseph Landron (Muscadet) c'est inoubliable. Un 1996 élevé sous voile. Un vin porté vers l'oxydatif donc mais pas que. La légende raconte que le vigneron a oublié quelque part une barrique pendant 6 années. Epices, petits fruits confits, clou de girofle, vieux rhum et fruits secs forment un nez singulier. Le vin est incassable à l'air. La salinité de cette Transversale parle d'une voix douce et fait ressembler ce vin à une mélodie qui tourne en boucle. 

Par Jean-Charles - Publié dans : La Poubelle du Pti Journal
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 12:57

     Ce week-end - nombre de dégustateurs vont venir humer, se délecter, grumer et avaler nectars et flacons. La Dive Bouteille, La Renaissance des Appellations, Le Salon des Pénitents et Les Vignerons Bio de Loire proposent donc 4 salons en 1 seul petit week-end. Il va falloir choisir ou se décupler. Cependant on ne va pas bouder notre plaisir à rencontrer autant de vignerons et leurs divins nectars.

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La Dive Bouteille - Dimanche 29 & Lundi 30 Janvier

 

La Dive Bouteille pour commencer. Treizième édition déjà ! La crème de la crème se tiendra dans les caves troglodytes du château de Brézé à Saumur. Telle une bille de flipper il faudra naviguer un peu partout entre une nuée de vignerons natures. De Fanny Sabre en bourgogne, en passant par Christian Binner en Alsace, Philippe Pacalet, Georges Descombes dans le beaujolais, Julien Bresteau & Marc Houtin dans la Loire et jusqu'à Alain Castex dans le Roussillon. Il vous faudra voguer à l'instinct, vous diriger à l'odeur des jus et à la chaleur des vignerons et vigneronnes qui ne manqueront pas de faire remonter la température de ces caves.

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La Renaissance des Appellations - Samedi 28 & Dimanche 29 Janvier

 

La Renaissance des Appellations se tiendra comme chaque année au Grenier Saint Jean à Angers. Pléthore de vignerons viendront se retrouver pour deux jours de dégustations et une huitième édition qui attire de plus en plus de monde. De Matthieu Barret à Cornas jusqu'à Jean-Louis Trapet de Gevrey-Chambertin il va falloir se frayer un chemin et tendre la main bien haut pour espérer quelques gouttes de bonheur.

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Salon Les Pénitents - Lundi 30 Janvier

Le Lundi 30, deux autres nouveaux salons font leur apparition. Le Salon des Vignerons Bio de Loire aura lieu lui aussi au Grenier Saint Jean. Salon organise par la CAB (coordination agrobiologique des pays de loire), il réunira environ 90 vignerons. 

Plus intimiste, à l'hôtel des Pénitentes d'Angers - Messieurs Mosse, Puzelat, Chaussard & Villemade invitent quelques amis vignerons. Entre autres viendront se joindre les Thomas Pico (Chablis), Jean Foillard (Morgon), Eric Pfifferling (Tavel), Benoît Couarult (Anjou), Patrick Meyer (Alsace) ou encore Adrina Occhipinti (Sicile) et Emmanuel Lassaigne (Champagne). Bref du nature pur sucre ...

 

 

A vous de choisir maintenant, laissez vous guider par le vent et soyez certains que - peu importe où vous irez de bons vignerons respectueux de leurs terroirs vont feront goûter d'excellents vins.

 

 

p.s : Pour davantage d'informations, Olif, Eva et Philippe ont déjà fait le tour de la question pour notre bonheur ! 

Par Jean-Charles - Publié dans : La Poubelle du Pti Journal
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 20:45

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     Quelle claque ce vin ! Philippe Bornard est un vigneron dans le Jura et fait partie de l'élite des vignerons natures dans la région. Des vins souvent purs et gourmands à la fois. Ici c'est une cuvée un peu spéciale, une rareté ... Le Melon Rouge Queue ! Voilà un cépage méconnu qui mérité gloire au vu d'un tel vin. Cet Arbois Pupillin flatte par son nez de pierres chaudes, de sève, de fleurs ... On retrouve cette pierre en bouche donnant cette sensation de minéralité. C'est salivant et chaque verre est un immense plaisir. Le Rouge Queue porte en lui une très belle mélodie : le vin semble juste, il ne tombe pas dans l'exubérant et montre un squelette équilibré et long. Un blanc du Jura apaisant qui comblera n'importe quel hédoniste aimant les vins élégants et surtout singuliers.     

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 12:13

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     Ah le Bois-Rouge de René Mosse ! Un sacré vin qui n'est pas toujours évident à apprécier. Parce que l'acidité volatile repoussera les uns et l'odeur de touffe de la bête écartera les autres. Et oui, légèrement animal au premier abord mais les fruits mûrs sont là, prêts à exploser.

 

En bouche la matière est très fraîche (d'ailleurs il faut servir ce vin rouge un peu frais) et la texture éclatante. Mais la volatile est encore bel et bien là et elle durcit un peu les tanins. Cela reste extrêment juteux malgré une finale un peu viandarde ... De la charcuterie de qualité ou un bon plat hivernal style pot au feu feront l'affaire pour l'accompagner. Bois-Rouge, y'a pas de doute c'est pour les fanas de vins natures !

Par Jean-Charles - Publié dans : Val de Loire
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Dimanche 15 janvier 2012 7 15 /01 /Jan /2012 10:55

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     En ces temps économiquement moroses et la perte de notre Triple A tant aimé, je vous propose carrément un Triple Zéro.

Triple Zéro késako ? C'est une bulle de Loire mais de Montlouis sur Loire plus exactement. Le Domaine de la Taille aux Loups (alias Jacky Blot) propose une bulle on ne peut plus en rapport avec l'actualité du moment. Ce Triple Zéro sigifie :

 

- Zéro ajout de sucre (pas de chaptalisation)

- Zéro liqueur de tirage

- Zéro liqueur d'expédition

 

 

 

 

Bref, pas d'adjonction de quoi que ce soit. Un Montlouis pétillant mais pas trop : une bulle ciselée et délicate pour offrir une matière avant tout vineuse. Belle acidité, ce Triple Zéro est nerveux, gourmand, profond et équilibré. Beaucoup de justesse pour une bouteille qui ne fera pas 10 minutes sur une table. Triple Zéro rentre dans le cercle des bulles vineuses et digestes de Montlouis comme les cuvées Bubulles (Lise & Bertrant Jousset) ou Nouveau Nez (Coralie & Damien Delecheneau). Triple Zéro ... à boire en toute quiétude.

Par Jean-Charles - Publié dans : Val de Loire
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Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 20:10

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     Voilà l'histoire d'un beau Pinot Blanc signé Jean-Pierre Frick en Alsace. Situé dans l'imprononçable ville de Pfaffenheim, Jean-Pierre Frick produit des vins sans intrants où le végétal, les sols et l'être humain sont respectés. Il a choisi la biodynamie. Un engagement sur le long terme donc mais pour des résultats convaincants dans les vins. Ce sont des jus intenses, souvent émouvants car ils sont très ouverts.

Le vin en question s'est présenté avec son nez très mûr aux accents de Chenin, à l'aveugle c'est compliqué de se positionner. Notes de tabacs, d'agrumes confits, petites touches épicées et fruits jaunes. Géniale complexité et grande ouverture aromatique donnent une cuvée à part. Bouche dotée d'une belle ampleur, sensation de densité mêlée à une intense fraîcheur. La matière est nette, intense et droite malgré l'impression de haute maturité et la richesse qui s'en dégage. Persistant, nerveux avec une bouche saillante, j'adore ce vin tout simplement !

Par Jean-Charles - Publié dans : Alsace
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Mardi 10 janvier 2012 2 10 /01 /Jan /2012 00:01

 

     Voilà 2 ans je frappais mes premiers mots sur le clavier. Le Pti journal du Vin Naturel est né d'une idée, d'une envie simple aussi. Cette idée grandissante et les dégustations s'accumulant, il a fallu canaliser. Un peu n'importe comment au départ il faut bien le dire. Et puis les dégustions de vins s'enchaînèrent vite mais l'inspiration - elle - ne s'achète pas. Les sensations sont souvent là, les mots et leurs tournures pas toujours. Ces 2 années d'écriture ont modifié l'approche que j'avais du vin fini. Je prends beaucoup plus de temps à juger qu'auparavant, j'essai d'être moins catégorique et davantage prudent. Je m'interroge surtout sur la façon de dire les choses, la manière de décrire les vins qui sont tout simplement bons ou bien sur lesquels il n'y a parfois pas une seule chose à dire. Parce qu'une différence de forme peut très vite devenir une différence de fond.

Je ne boude ni les doutes ni le plaisir que j'ai à commenter à cet endroit. Le Pti Journal se veut simple. Il ne cherche ni à convaincre les néophytes ni à flatter les ayatollahs du nature. Simplement, à un moment donné - dans une vie bétonnée par la connaisssance de chacun - je me suis rendu compte sans réel motif d'ailleurs que les commentaires de dégustations se font souvent mécaniques. Car avant d'être appréciés de tous, les vins naturels sont d'abord là pour ne pas que le vin file vers le conformisme et pour que ses figurants ne deviennent pas diaphanes je crois.     

 

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A chaque vin - le plus souvent - des petites notes émotionnelles d'instants présents viennent s'inscrire sur un carnet plus plein que jamais. Il y a des vins que je veux vous faire partager coûte que coûte et d'autres que j'oublie dans un coin et qui surgissent de temps à autre. Il est même parfois plus simple pour moi de les décrire quelques jours ou quelques semaines après les avoir bu. Il m'arrive aussi d'écrire tard le soir et de réaliser le lendemain matin que j'ai été un peu excessif. Alors je freine et puis je recommence. Et puis je me surprends à comprendre que tous ces billets ne m'ont pas pris grand chose mais apporté beaucoup plus. L'initiative de départ n'était pas censée me rendre dépendant aux vins naturels, elle n'était pas non plus de paraître sulfureux sans me fâcher avec personne et encore moins de longer la côte sans goûter à la mer.        

 

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Tout comme Les Vignes de Montgueux et les autres Champagnes d'Emmanuel Lassaigne, j'espère que Le Pti Journal du Vin Naturel gardera - si l'on peut dire - de la vivacité, de l'énergie et de la vitalité. J'espère que la combinaison est assez épaisse car ce blog pourrait disparaître aussi vite qu'il est apparu. Je ne crois pas que cela arrivera de sitôt mais au cas où, je voulais remercier ceux qui encouragent implicitement, ceux qui partagent mes verres, ceux qui commentent sincèrement leurs dégustations, ceux qui ont les yeux qui pétillent quand ils sont transportés par le vin qu'ils effleurent, ceux qui doutent quand ils dégustent, ceux qui comprennent que ce qu'ils goûtent est le fruit d'années et d'années de travail.     

 

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     J'espère pouvoir continuer longtemps de prendre plaisir à tenter d'approcher des flacons plus ou moins insolites. Tel un enfant émerveillé devant des milliers de jouets, je n'en demeure pas plus exigeant devant des bouteilles. Seule m'importe l'émotion. J'ai toujours pensé que le vin nature pouvait guérir les âmes grâce à sa facilité, grâce à son honnêteté et grâce à son éclat. Les années qui viennent me confieront si cela est vrai.

Par Jean-Charles - Publié dans : La Poubelle du Pti Journal
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Samedi 7 janvier 2012 6 07 /01 /Jan /2012 14:56

 

     Nadège et Laurent Herbel sont de jeunes vignerons débordant de talent. Leurs vignes se situent au coeur des vignes de l'Anjou à Rochefort sur Loire et ils vinifient dans l'ancien chai de Jo Pithon. Leur travail pourrait se résumer ainsi : petites surfaces, petits rendements, grands vins ! 

 

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Ils font partie du groupe des Anges Vins depuis quelques années maintenant et produisent des vins à fortes sensations gustatives. Je suis et resterai un grand admirateur de leur cuvée La Pointe. Un Chenin issu de vieilles vignes plantées en 1920 et ramassées à des rendements de l'ordre de 10 hl/ha les bons millésimes.

Cette année, trois nouvelles cuvées d'assoiffés font leur apparition. Trois cuvées jugées plus simples et surtout plus accessibles gustativement et financièrement. 

Alfred et Léon, c'est un rouge de soif. Mi Cabernet Franc mi Cabernet Sauvignon récoltés à pleine maturité, ce 2010 montre un jus impressionnant de vitalité. C'est plein de fruits rouges frais et digestes. A boire sans modération ! Une matière souple et aérienne tout en ayant préservé une belle longueur, le vin montre beaucoup de charme et se laisse conquérir sans résistance. Une fluidité dans la texture qui en fait mon coup de coeur du début d'année. Il n'est pas sans me rappeler une autre cuvée du domaine nommée Sylvestre qui lui ressemblait beaucoup avec le gaz en plus.  

 

 

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Un blanc est venu compléter une gamme déjà bien enracinée. La Rue aux Loups, c'est un blanc issu des vignes de la cuvée La Pointe. Des jeunes vignes sur 40 ares issues d'un premier tri. Uniquement un petit élevage cuve et déjà une pureté de jus indéniable. La mise en bouteille est très récente et étrique un peu le vin. La trame des blancs du domaine se révèle à travers lui : salinité, pureté, matière nette et droiture ! Une acidité tonifiante (malolactique non réalisée, elle n'a pas voulue !) donnant une impression vive et permettant de contrer une maturité à point. 

Une petite dernière a vu le jour ! Une bulle pour récompenser de jeunes mariés ! Ce pétillant Naturel Rosé n'est pas tout à fait comme les autres. Les bulles ne sont pas dégorgées et présentent donc une réduction naturelle qui écarte les amateurs aimant l'artificiel. Car au delà de cette première impression, c'est une grande bulle que l'on a dans le palais. Vinosité comme peu d'autres, finale salivante qui relance sans arrêt l'envie d'un autre verre. Jeunes Mariés n'est pas une bulle éphémère et possède cette longue tenue à l'air qui font les grandes bulles. La finesse gazeuse est bluffante et le respect du fruit top ! Ne pas hésiter à carafer une bulle de ce calibre.  

 

 

 

 

 

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Par Jean-Charles - Publié dans : Val de Loire
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Mardi 3 janvier 2012 2 03 /01 /Jan /2012 22:24

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     Claude Courtois est une légende vivante dans le monde du vin naturel. Chaque personne ayant eu la chance et fait l'expérience de déguster à l'un de ses vins n'en ressort pas indifférent. Julien, l'un de ses fils, fait également de superbes vins (ici et ) dans un petit coin perdu de Sologne

 

Racines est surtout connu en  Rouge. Mais ici, Racines se décline en Blanc. Né d'une viticulture vivante, saine et conduite dans le respect de la nature le plus total (pas d'interventions chimiques, rien que du naturel) ce Racines blanc 2008 est un Sauvignon qui exhale des notes cristallines de fruits secs, de pierre à fusil, de petits fruits blancs mûrs, de cailloux ...

 

 

 

 

La bouche transporte par son côté minéral qui étire et étire encore la matière du vin. C'est complexe et accompagné d'une sensation de pureté ainsi que d'un relief impressionnant. On croque la pierre, cette pureté d'un jus insolite par sa subtilité. La profondeur gustative que fait ressentir un tel vin est absolument médusante. C'est un aspect aérien, immatériel ...

Magnifique puissance de fin de bouche avec - au lendemain - un vin qui se goûte encore mieux ! Ce Racines possède cette tension, ce nerf et une sincérité avec peu d'égal ...

 

 

 

Merci Brice pour cette bouteille, tu as tenu ta promesse ...

Par Jean-Charles - Publié dans : Val de Loire
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 11:53

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     Philippe Delmée fait partie d'un groupe récemment né. En Joue Connection, c'est l'initiative d'une dizaine de vignerons angevins installés depuis peu de temps et qui se retrouvent dans une éthique similaire : celle de faire des vins sains et bons & avec le moins d'intrants possible à la vigne comme lors de la vinification. Philippe possède plusieurs cuvées délicieuses à son actif. Raide Bulle d'abord, puis deux autres pétillant Naturel (Turbulence & Rozetto). Mais il donne naissance également à des vins dits tranquilles. Pour preuve, voici une cuvée hors du temps nommée Patience.

Patience, c'est un Chenin blanc 2009 avec un élevage bois de 2 ans. Le premier nez s'avère être porté sur l'autolyse (mort des levures). Très vite le vin s'épanouit et offre un panel incroyable de citron vert, d'herbes folles, d'iode. C'est intense et je vous le garantis, c'est incassable à l'air. Ce style inoxydable n'est pas sans me rappeler les cuvées d'Anjou blanc 2006 de Didier Chaffardon ou encore la cuvée Bézigon de Jean-Christophe Garnier.  Quelques notes pétrolées et de pierre à fusil complètent un nez inoubliable. Bref, une impression olfactive ciselée, tendue ... une tempête !

La bouche montre d'abord ses 14,7 d'alcool. Les saveurs de pierres chaudes, de thé vert et d'agrumes rendent une bouche masculine et charnue. Ces notes me rappelent la cuvée de Christophe Fouchet prénomée "Le Haut Plessis" dans le Loir-et-Cher. Mélange de grosse maturité, de sensations minérales et de sapidité. C'est salivant, juste un peu chaud en alcool. L'élevage ne se sent absolument pas, il est clairement en retrait. Un blanc particulier j'en conviens mais cette salinité brûlante - qui dure sur plusieurs semaines d'ouverture - dessine un vin de puriste. 

Par Jean-Charles - Publié dans : Val de Loire
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Dimanche 1 janvier 2012 7 01 /01 /Jan /2012 20:47

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     Je vous souhaite à tous une très belle année 2012 pleine de dégustations innovantes, joyeuses et insolites ! J'en profite pour remercier les lecteurs réguliers de ce "pti livre ouvert" me donnant sans cesse l'envie de déboucher de nombreux flacons afin de leur narrer mes sentiments de dégustations épisodiques.

Par Jean-Charles - Publié dans : La Poubelle du Pti Journal
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