Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique
avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.
Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique
avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.
Du Chenin plein de fouge, il y a de la puissance dans un flacon tel qu'en produit Antoine Foucault alias le Domaine du Collier. La Charpentrie est issue d'une vigne d'une centaine d'année donnant sur 2010 un jus précis et salivant. Notes de citrons confits, de pierre chaude, de fumé, de léger exotisme dominent pour offrir une bouche sur un caractère ciselé avec une incroyable acidité. Provenant d'un élevage de plus de 2 ans, sans soutirages et sans sulfites, cette quille de Saumur blanc semble taillée pour la garde sauf que si t'en goûte une t'as envie d'en reboire...
Tout juste mis en bouteille, Herbes Folles 2012 se goûte vraiment bien. Un Chenin bien ciselé avec de la tension. Toujours cette belle structure, un genre de colonne vertébrale qui allonge le vin même si 2012 semble plus riche ou un peu plus alcooleux que les trois millésimes antérieurs d'Herbes Folles. Clément Baraut réalise décidément des vins justes et souvent bien équilibrés. A goûter ses deux Savennières toujours dans un registre minéral et une pépite de Bonnezeaux ! Herbes Folles se décline désormais en rouge à base de Grolleau Noir. Un jus désaltérant avec une pointe de gaz carbonique et une buvabilité à toute épreuve.
La première médaille d'or, je la décerne à Coralie et Damien Delecheneau pour les vins qu'ils produisent en général et notamment pour leur cuvée un peu plus confidentielle nommée Quatre Mains. C'est du Sauvignon. Du Sauvignon tonique, tendu, salin. Franchement, j'odore les vins comme celui-ci qui allie gourmandise (parce que c'est mûr) et énorme tension qui donne un véritable caractère au vin.
La seconde médaille est attribuée au maître Richard Leroy. Et c'est un 2005 version Noëls de Montbenault qui a tout écrasé à l'aveugle ! C'était long, tout y était avec parcimonie. Léger oxydatif quasi imperceptible, tension, minéral, énergie... un grand Chenin !
Et finalement la déception est venue d'une valeur sûre. Bel Air et Clardy d'Alice & Olivier De Moor s'est avéré lourd, gras, lactique... un Chardonnay peu digeste, sans droiture. Dommage, il manque une colonne vertébrale, le jus est beau mais le vin est un peu fatiguant.
Quelques jours après avoir goûté le Cidre 2011 de Cyril Zangs, je viens de mettre le nez sur l'un des quelques 2010 qui restent. Excellent ! Bulles fines, fruits mûrs sans exubérance. Un Cidre vineux, bavard et expressif.
Et puis il y a une belle Syrah issue du Rhône Nord qui viendra conforter l'idée du magnifique touché de bouche que propose les jus d'Yves Gangloff à Condrieu. Un nez quasi floral, délicat sans être en retrait. C'est fin, c'est frais avec un tactile soyeux, une belle pointe acidulée. Déjà un très grand alors qu'il ne s'agit que de très jeunes vignes. Le vin n'est pas en Côte-Rôtie comme habituellement au domaine mais en simple IGP des Collines Rhodaniennes. Tout comme les petits bonhommes sur l'étiquette, on a envie de se jeter dans les petits grains de Syrah.
Une nouvelle soirée de l'Hôtel Maillard démarrant sur les chapeaux de roues avec "Le têtu" de Jean-Marie Berrux en Bourgogne. Superbe jus de Chardonnay tranchant et vif. Bien pour se mettre le palais dans le bon sens. Du coup, le Chardonnay nous venant d'Ardèche d'Andrea Caleck est apparu comme un peu lourd à côté. Surprenant ces deux Chardonnay. Pourtant l'école semble être la même mais le résultat bien différent !
S'ensuit un Pinot Noir de Marsannay du domaine Denis Mortet. Un nez qui pinote en puissance, une bouche ronde, presque surmûrit. Un vin bien policé, très velouté, presque trop ? Ah oui, 2003 ! Un millésime qui change tout. Il change même la cuvée "Silex" du regrété Didier Dagueneau. Une "Silex" molle, sans niaque. C'est un Sauvignon ultra mûr, riche et gras. Il manque un squelette pour qu'il se tienne. Dommage.
Il y en a même qui hume encore et encore le Pinot Noir de Denis Mortet ...
Heureusement pour retrouver du peps, rien de tel qu'un "Quartz" de Claude Courtois en Sologne. Le sourire revient vite sur les visages avec ce 2009 plein de fougue qui fait saliver.
On passe aux rouges. Et pas n'importe quoi avec ces deux cuvées "A. Pascal" de Michèle Aubéry du domaine Gramenon. On commence par un énorme 1995 (Merci à Didier Chaffardon) rempli de fraîcheur et de fines épices. On retrouve l'archétype de vin sur un millésime plus récent (2007 ou 2009 ma mémoire me fait défaut). Très bon également, deux rouges sublimes qui enchantent les papilles avec de grosses acidités.
"Les Vignes du Moulin" !! Un cabernet franc de 2007 doté d'une belle réduction certaine mais d'une bouche ciselée, fine, tendue et fraîche. Un rouge indomptable, ultra mûr aussi. Difficile de trouver un autre figurant à mettre en face de lui. Et celui qui trouve que c'est un Cabernet de Loire est très fort...
Vous voulez faire un trou normand sans faire un trou normand ? Alors prenez un vin de Liqueur de chez Overnoy-Houillon et c'est gagné. Juste un mot sur ce vin : il n'y en a pas 2 comme celui-là !
Et voilà, l'ovni de la soirée. Seulement 65 bouteilles de produites (50 cl) par Didier Chaffardon. Un liquoreux à base de Chenin titrant seulement 3,4 degrés d'alcool acquis. Un sucre résiduel énorme mais parfaitement intégré et j'insiste là-dessus parce que c'est frais, digeste et juste incroyable. Cela s'appelle "Safran" et je suis heureux d'avoir pu goûter à l'un des 65 flacons ! On ne trouve que ce genre de vins aux soirées de l'Hôtel Maillard...
Et Didier (à gauche) semble être satisfait de cette fameuse micro-cuvée. Un 1997 de Francis Poirel alias Château de Suronde s'avère plus décevant juste derrière cet ovni de fraîcheur. Passons. Un Coteaux de l'Aubance 2005 (encore en appellation à l'époque) nous fait renouer avec la subtilité des moelleux. Un petit gaz encore présent est le bienvenu ! Bref, génial ! Didier Chaffardon est bien le roi des sucres naturels.
L'énorme déception de la soirée viendra d'un Clos des Lambrays 1996. Rien dans le ventre, pas de matière, pas de tension, cuit, passé et dépassé ... Pas un mot de plus !
Pour rester sur des vins frais et longs qui font saliver et lever les poils par leurs sensibilités direction "Les Vignes Françaises en Foule" 2002 de Mark Angeli (un habitué des Soirées Maillard). A chaque gorgées le vin change, évolue ... Enorme ! Et le fameux "Visinum" du Casot des Maillolles (Alain Castex) est profond, avec une belle tension malgré une surmaturité. Un peu d'acidité volatile soutien le tout et heureusement !
Et voilà ce que donne une soirée Maillard réussie ! Merci Philippe de ta générosité !
En image tout simplement
Il y a quelques semaines l'ouverture cet Aligoté 2011 m'a réellment conforté à propos des vins que j'aime. Il s'agit de l'Aligoté de chez Alice & Olivier De Moor à Courgis. Rien d'étonnant, une valeur sûre me direz-vous. Oui, tous les amateurs connaissent mais qu'est-ce que c'est bon ! Du jus blanc ciselé comme le sécateur, l'emblème du domaine ! Cela donne un vin précis, tendu, vraiment minéral avec une texture sur la salivation. Un Aligoté un peu à part dans l'appellation que les passionnées semblent s'arracher...
Voilà le blanc qui casse tout ! Direction l'Ardèche sur la commune de Valvignères chez un vigneron qui monte depuis quelques années Mister Andrea Calek. Un, ses vins sont trop bons ! Deux, rien que le fait de l'écrire me donne soif ! Trois, si il y a une de ses cuvées dont j'ai envie de vous parler c'est sa cuvée de blanc nommée Blanc tout simplement.
Et ce Blanc il éclate tout. Le 2010 se déguste après 2 ans d'élevage et 100 % Chardonnay. Nez sublime de pierres chaudes, dans un style de mini-Meursault et de cailloux chauffés au soleil. Bouche généreuse, un poil grillée, un poil onctueuse et puis paf ! C'est long, ça se tend et ça dure, quelle claque ! La même cuvée en 2009 est 100 % Viognier quant à elle. Premier nez d'autolyse, de petite réduction et de foin coupé. La bouche se montre du même acabit que le 2010 avec une énorme tension. C'est la sensation de pureté et de sincérité qui domine. Enorme coup de coeur chez ce vigneron venu de République Tchèque pour se perdre ou se trouver en France.
Andrea Calek en chair et en os. Des yeux bleus qui vous captent, des vins rouges et blancs qui vous attirent et l'envie de vite retourner chez lui, là bas, dans un coin perdu de l'Ardèche ...
Comme souvent les vins que je défends ont des phases où certains se goûtent mieux que d'autres à une certain moment donné. Parfois on est surpris, parfois déçu, parfois en phase avec le vin lui-même. La dégustation commença avec un Champagne Jacquesson n°735. A l'aveugle, je suis vite perdu car en quelques minutes cet effervescent se transforme en vin. C'est donc vineux, mûr, légèrement gras et très long. Je penche pour un Chardonnay style Crémant du Jura de chez Alain Labet ou encore un Chenin élevé longtemps sur latte avec très peu de gaz carbonique. Bref, complètement à côté de la plaque... S'ensuit un Côt de chez Noëlla Morantin en Touraine. Un vin où il semble difficile de donner un terroir ou même un simple cépage tellement ce 2011 était marqué par la volatile. La texture reste fraîche, c'est clairement un joli jus mais un poil dommage du fait que la volatile masque beaucoup de belles choses dans le vin.
Un autre rouge fut surprenant. L'olivette du Clos Marie du côté de Pic Saint Loup. Un peu sur le contenant au départ avec des sensations de vieux bois. Pas beaucoup d'émotions pour ce 2011 qui semble encore fermé malgré un matière noble donnant un vin au joli potentiel.
Mais le sourire est vite revenu avec ce En Chalasse de Julien Labet ! Un Trousseau tout simplement trop bon !! Quel jus, quelle fraîcheur, quelle tonicité ! Si la bouteille aurait été un magnum on l'aurait bu quand même. Un vin digeste à souhait ! La quille de la soirée...
Il a été courageux ce vigneron pour sortir des sentiers battus d'une Appellation où il semble compliqué de changer les habitudes et où beaucoup de Sauvignon se ressemblent ... Alexandre Bain qu'il s'appelle ! C'est en compagnie de son Cheval, le bien nommé Phénomène, qu'il réalise ses travaux du sol. Un homme qui rejète la mécanisation mais aussi les intrants (levures, sucres, tout ce que vous voulez) pour donner des vins issus de Sauvignon peu commun. En Alexandre Bain Pouilly-Fumé s'est trouvée un nouvel ambassadeur depuis quelques années maintenant !
Cette cuvée nommée Spring se présente d'abord comme un ovni. C'est mûr, très mûr ! Un nez exotique, de confits et de richesse. Un esprit un poil sudiste. La bouche est bien équilibrée entre maturité, petite pointe de perlant et grosse tension en finale (là on retrouve le Sauvignon et le travail du vigneron) qui contre admirablement la maturité poussée. C'est bon, il y a un vrai plaisir. En goûtant un tel vin, on est certain que les raisins sont beaux et sains. Comme le vigneron !
Le dernier millésime vinifié du regretté Didier Dagueneau, vigneron sur les appellations Pouilly-Fumé et Sancerre, était en 2007. Le domaine continu son oeuvre grâce aux enfants Louis-Benjamin et Charlotte. La bouteille en question est donc un 2007 de Pouilly-Fumé (cuvée "Blanc Fumé"). Servi à l'aveugle, les idées fusent ! Chablis des De Moor, Riesling de Deiss voir d'Ostertag ou encore Chardonnay du Mâconnais. Une avalanche de questions et une claque lors du dévoilement de la bouteille. Du Sauvignon comme celui-là je n'en ai rarement goûté. Une énorme pureté, de la caillasse... C'est droit de chez droit et surtout doté d'une matière précise, très longue pour donner un vin cristallin à l'esprit intact. Magique !
Juste derrière ce bijou, venait également à l'aveugle un Brézé du célèbre et intouchable Clos Rougeard. Les sensations des dégustateurs se portèrent davantage vers des matières beurrées voir un peu lactées et une forte sensation de bois olfactivement. La plupart se sont donc portés légitimement vers des vins types Meursault. Mince alors, ce n'est pas un Chardonnay mais bel et bien un Chenin. Le Chenin qui semble le plus dur à trouver et acheter d'ailleurs. Essayez donc ! Bref, la bouche relève un nez un peu mou grâce à une grosse tension. C'est également très pur et long. Remarquable mais à l'unanimité loin derrière le Pouilly-Fumé 2007 de Didier Dagueneau. Le mythe Clos Rougeard n'est pas près de tomber et heureusement au vu de la qualité des vins de Saumur et Saumur-Champigny que les Frères Foucault produisent. Mais parfois il ne faut pas trop s'extasier et se dire qu'il y en a d'autres qui travaillent bien ! Cela va sans dire... Et ce n'est pas ce qui manque sur cette belle appellation de Saumur-Champigny (Antoine Sanzay, Sylvain Dittière, Thierry Germain, Jean-Noël Millon, Sébastien Bobinet, etc).
Noëlla Morantin, vigneronne du Loir-et-cher, produit des superbes Sauvignon. Après avoir goûté à plusiuers reprises Les Pichiaux qui est un très joli Sauvignon frais, tendu et salivant - voilà Chez Charles un Sauvignon plus riche, avec davantage d'ampleur et de gras. Le premier nez m'a fait penser à un melon de bourgogne ultra mûr genre ceux de Marc Pesnot. L'aération lui permet de s'ouvrir, Chez Charles gras, complexe et onctueux se tend, se tire, s'allonge pour finir sur du minéral. Un gros coup de coeur !
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