Quel cap définir ?

Publié le 28 Janvier 2013

 

    Ces derniers jours ont été propice à délier les langues à propos de ce qu'aurait dû être, de ce qu'est ou de ce que sera les vins dits "naturels". Nicolas de Rouyn du blog Bon Vivant à mis le feu au poudre en publiant la position officielle de Michel Bettane. La plupart connaisse bien la pensée de ce dernier à propos de ce type de vins. Elle est plutôt négative. D'autres voix comme le blog d'Olif, Le Vindicateur, Oenos, Monomaniaquement Alsace, Oenophil ou encore A Gauche au fond du Bristrot ont tous proposé une vision et un sentiment sur ces vins, leurs producteurs et les modes de vinification qui les dessinent. Tout cela en dénonçant Michel Bettane qui aurait fait lever la foule par son témoignage dans un article d'une revue italienne où il donnait sa position sur les vins naturels, encore une fois. Une position qui suscite donc de nombreuses polémiques et des commentaires par centaines. Pour certains ce fut la goutte d'eau de trop et pour d'autres un réel soulagement que quelqu'un de légitime dénonce ce qu'ils pensaient depuis longtemps. Mais dans le fond, les positions restent quasi inchangées et personnes ne s'est vraiment mis autour d'une table pour en discuter et faire avancer le débat. Peu importe de quel bord l'on soit d'ailleurs.

 

 

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Voilà une bonne table pour échanger, chez Etienne de Bonnaventure vigneron à Chinon

 

 

 

Car dans le fond, comme me l'a fait ressentir Michel Bettane dans son édito, certains cherchent à imposer une vision. Ce serait ces vins là qu'il faut boire car ce sont les meilleurs, les moins déviants, les plus purs. Le consommateur, nous en fait, se fait bien sa propre opinion. La situation semble loin d'être denouée. Pourtant le vin naturel est bu par si peu d'entres nous et l'on peut dire qu'il ne représente pas grand chose au vu du faible public qu'il touche. Et connaissant le genre d'influence des guides et donc également celui de Bettane et Desseauve, je ne comprends guère le besoin de Michel Bettane d'affirmer sa position. Celle-ci donne l'impression de le desservir. Sa vision du Mondovino était parfaitement respectable mais là en attaquant les vins vivants et les acteurs qui les produisent ainsi que ceux qui les défendent au sein de la filière, il provoque un débat stérile comme il y en a eu tant d'autres ces dernières années. Encore une fois c'est clivant. Il n'y a pas de bonnes ou mauvaises raisons pour expliquer ce genre de position mais je trouve dommage au vu de l'autorité qu'il possède de ne pas s'interroger sur le devenir d'une telle production et d'un tel engouement pour les vins naturels plutôt que de les dénigrer.

Rédigé par Jean-Charles

Publié dans #La Poubelle du Pti Journal

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Philippe 02/01/2014


Comme disait la maman d'un ami: "Ce n'est pas parce que tu n'aimes pas qu'il faut en dégouter les autres "

PASQUIER 28/03/2014


Beau travail Jean Charles, très agréable à lire, précis et enrichissant.


Däv et Jo duresto