Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique
avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.
Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique
avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.
Dans cet hiver rigoureux, Yvon Métras - la star du Beaujolais - nous réchauffe un peu avec sa cuvée Le Printemps 2011. Malgré une petite réduction de 3 secondes ce vin s'ouvre très bien. Fruit éclatant, notes de peaux de raisins, beaucoup de justesse et de caractère. Trame acidulée, fraîche assurément et pleinement juteuse. J'aime le variétal de cette cuvée d'amateur. Un Fleurie agréable, long et parfaitement digeste !
Il y a des millions de vins, un peu partout, l'embarras du choix, des tonnes de bouteilles empilées d'Est en Ouest sur la planète, des milliards de palais prêts à déguster, des milliers de connaisseurs et spéculateurs de millésimes, quelques bouteilles à part, certaines à peine mises sous verre que déjà bues ...
La Côte du Py d'Agnès et Jean Foillard fait partie de celles-là. Dur d'attendre ... je ne sais quoi d'ailleurs. Le vin se goûte tellement bien. Ce 2010 est à croquer. Un jus ... et waooh ! Quelle énergie, c'est long, c'est frais, c'est raisin, c'est éclatant, c'est vif et ça vaut tous les discours.
A boire, reboire et sans aucune modération
Le Fleurie 2010 du domaine de la Grand' Cour. Jean-Louis Dutraive vinifie cette cuvée "Vieilles Vignes" issue du climat Champagne d'un peu plus d'un hectare. Les vignes ont plus de 70 ans avec des rendements bas et un élevage en fûts pour 80% du vin pendant une petite année. Un style bourguignon domine ce Fleurie qui m'est apparu minéral mais un surtout un Grand Canon.
Il y a longtemps que je ne m'étais pas laissé convaincre aussi aisément par une bouteille. J'ai ressenti plusieurs vagues dans ce vin. D'abord, la niaque ! Une vivacité qui tranche, qui réveille, qui suscite l'attention ... Puis vient ce nez de fleurs et de cailloux. Un nez qui pinote m'évoquant un style bourguignon proche de Prieuré Roch. Enfin, une bourrasque de fruits croquants avec une mâche et une race énergique. Un vin qui emporte l'enthousiasme avec ce style très vineux et une longueur sur l'acidité naturelle.
Le genre de vin nostalgique qui fait surgir les souvenirs de grandes dégustations que l'on peut avoir la chance de connaître. Il y a beaucoup d'agitation, beaucoup de vie aussi dans cette cuvée qui semble vouloir dire quelque chose mais quoi ? Personnellement j'y ai discerné une forme de sensibilité indestructible, une source d'inspiration. Un vin qui oscille entre la finesse, la gourmandise et la pureté.
Je cherche un équivalent avec autant de sapidité, une ressemblance avec un autre vin mais il semble difficile de trouver quelque chose de semblable. Si vous voyez cette bouteille quelque part, ne laissez pas passer votre chance ...
Si vous voulez vous faire plaisir en cette fin d'année, si vous voulez déboucher du canon sans vous ruiner pour un max de plaisir gustatif, si vous ne voulez pas vous faire mal à la tête ou je ne sais encore essayez ça ! Le Saint-Véran d'Isabelle et Bruno Perraud du domaine des Côtes de la Molière. Comment dire ? Que c'est vraiment très bon mais ça risque de ne pas vous suffire ... Quand je l'ai dégusté le vin présentait des notes d'agrumes légèrement confits, des arômes de pierres chaudes, de citron vert. Un nez ciselé, tendu mais avec une superbe maturité.
La bouche est dotée d'une pureté impressionnante. Un Chardonnay de grande classe sans sulfites (ni autres intrants d'ailleurs) droit et précis. La matière est délicate, fraîche et avec du caillou (sensation minérale intacte). En même temps c'est gourmand et équilibré. Rien à redire, pour une première approche du domaine c'est grandiose.
Isabelle et Bruno font d'autres cuvées à découvrir. Moulin à Vent, Côtes de Poquelin (Vin de Table rouge de Gamay), le Chardonnay-des-Molières (Vin de Table blanc), Fleurie, L'épreuve (Vin de Table rouge de Gamay, Syrah et Grenache) ... Des jus natures, sans tricheries et purs auxquels il faut donner du temps d'ouverture pour les apprécier au mieux.
On doit tous revenir parfois aux fondamentaux pour entrevoir la vérité et éclairer notre propre route. Pour le vin nature, les fondamentaux s'écrivent avec les vins de Pierre Overnoy et Emmanuel Houillon (Jura), Michèle Aubéry du Domaine Gramenon (Rhône), Christine et Joël Ménard (Loire), Philippe Valette (Mâconnais), Antoine Aréna (Corse), Dominique Derain (Bourgogne), Olivire Cousin (Loire) et bien sûr Matthieu et Marcel Lapierre pour le Beaujolais !
Le Beaujolais explose de vignerons et vigneronnes travaillant dans cet esprit. Pour ne citer qu'eux : Yvons Métras (Fleurie), Agnès et Jean Foillard (Morgon), Hervé Ravéra (Beaujolais Villages), Jean-Claude Lapalu (Brouilly), Charly Thévenet (Régnié), Geneviève et Jean-Claude Chanudet (Morgon & Fleurie), Cyril Alonso (PUR), Isabelle et Bruno Perraud du Domaine Les Côtes de la Molière (Moulin à Vent & Beaujolais Villages), Christophe Pacalet (Côtes de Brouilly, Juliénas ...), Georges Descombes (Brouilly), et bien d'autres encore.
Alors quand on goûte un vin du domaine Marcel Lapierre (travail désormais mené par son fils Matthieu), c'est comme un retour nécessaire aux fondamentaux ! La cuvée dégustée est un Morgon provenant de très vieilles vignes du domaine. C'est la "grande cuvée" de la maison faite en tout petit volume. Issu du millésime MMIX (2009), le vin présentait cette expression aromatique bien à lui avec des notes de fruits rouges explosifs style petites griottes et cerises. L'aération le rend plus floral, le complexifie davantage ... La bouche est pleine de fruits basée sur une acidité vivante. Très belle matière fine et délicate. On ressent comme une sensation juteuse, un velours frais ... La finale est plus difficile car l'alcool ressort un tout petit peu et pèse légèrement. Mais le vin reste franc, nature, fluide et digeste. Un Gamay qui se livre quasi-pleinement (une bouteille à mettre de côté quelque temps si vous pouvez résister), il est revigorant et surtout très attachant. Du jus, du vrai ! Fondamental !
Quelques articles plus bas j'avais goûté la cuvée "La Bonne Pioche" de Michel Guignier. Cette fois-ci, il s'agit de son Fleurie dégusté le même jour. Ce Fleurie présentait un nez plus ouvert de fruits noirs avec des sensations juteuses olfactivement. C'est charmant et plein de vie avec des notes de fruits rouges intenses.
J'ai vraiment aimé la bouche grâce à son acidité mordante qui guide le vin. Je lui ai trouvé une belle mâche, une matière qui assèche un tout petit peu ... une aération lui fera vraiment du bien. La matière est tendue et la minéralité de ce rouge me pousse à dire qu'il n'est pas à mettre dans tous les palais !
La cuvée "La bonne pioche" est un Beaujolais Villages de Michel Guignier. Un vin qui m'a vraiment surpris dans sa trame et son esprit.
Le nez apportait des arômes peu flatteurs à l'ouverture avec une réduction importante style notes d'écuries et de renards mouillés. Mais je ne m'arrête jamais à cela et l'aération apportera beaucoup plus de finesse (arômes floraux assez délicats).
Mais c'est en bouche que le vin m'a étonné. Une acidité mordante mais mordante ! Une acidité poussée qui en impose. Du coup, c'est pas facile d'accès pour tout le monde car le vin est tendu, droit ... Cela donne l'impression que le fruit est derrière malgré une superbe matière fraîche. Un vin en demi-teinte que j'aime bien (même si c'est un peu trop tendu pour mon pti palais) mais qui est difficilement plaçable. Je reviendrais une prochaine fois avec le Fleurie "Au Bon Grès" de Michel Guignier sur ce même millésime 2009 que j'ai préféré.
Un nez de corbeille de fruits ! C'est plein, c'est
gourmand avec une fraîcheur insolente. Un vin où la pureté du fruit domine sans exubérance aucune.
En bouche, on retrouve cette franchise caractéristique des vins du domaine notemment avec les cuvées "Côte de Py" et "Corcelette". C'est bon, c'est équilibré, une belle acidité naturelle donne de la vivacité et une superbe trame à un vin qui ne manque pas de vie !
Nez de fruits rouges avec quelques notes florales, c'est surtout très frais et plein de fruits nouveaux ! Une bouche friande, avec une acidité mordante où règne une fraîcheur insolante. Un peu d'acidité volatile mais assez légère (contrairement à la cuvée "Demain ne meurt Gamay" du domaine) donnant simplement tonicité à la matière. Finale tendue, où acidité et fruits prennent tout leur sens. Du glouglou ...
Quel jus ! Un vin à forte gourmandise avec un énorme
respect du fruit. Notes de raisins, de fruits rouges à ne plus savoir qu'en faire (framboise, cerise, fraise ...), quelques notes de fruits noirs mais une impression très aérienne olfactivement
rendant ce nez complètement fluide. Beaucoup de finesse avec des touches florales se dégageant au fil de la dégustation.
En bouche, comment résister à ce genre de breuvage ? L'exemple du fruit à l'état pur ... Une digestibilité énorme, le vin est équilibré et rend compte d'une buvabilité à toutes épreuves. Saveurs de fruits acidulés, une acidité qui tend le vin et une finale minérale. Le vin me laisse une impression de pureté, d'élégance et de vérité. Impossible d'y résister, c'est un vrai vin coup de coeur !
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