Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique

avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.

Jura / Savoie

Mercredi 5 décembre 2012 3 05 /12 /Déc /2012 21:37

 

     Et pan ! Quel jus dans ce Trousseau 2011 de Jean-François Ganevat. Du fruit éclatant au nez, un incroyable goût de jus et d'eau de roche en bouche. De la digestibilité il y en a dans ce nectar de Rotalier dans le Jura. C'est ébouriffant cette fluidité et surtout cette acidité. Cela fait partie des bouteilles qui semblent difficile à partager ...

 

 

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Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Dimanche 10 juin 2012 7 10 /06 /Juin /2012 19:30

 

     Le Père & le Fils, Alain & Julien Labet, sont vignerons à Rotalier au coeur des vignes jurassiennes. Ils cultivent leurs vignes sur 12 hectares avec différents teroirs (En Chalasses, Les Varrons, En Billat ...) et de multiples types de sols (Argiles rouge, Argiles et Schistes carton, etc). Retour sur quelques dégustations au domaine, dans un lieu unique, perdu pendant plus de 5 heures ...

 

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Quelques "Vin de Voile" sont élevés dans ces grands foudres,

éclairés par quelques lampes et dégustateurs de passage ...

 

 

 

- Trousseau 2011 - Julien Labet : Un bijou ! Nez juteux et ressemblant à un Pinot Noir. Notes de peaux agréables et une bouche fraîche s'appuyant fortement vers un esprit digeste. Il n'y en a déjà plus à la vente ...Les plus gourmands ont tout bu !

 

- Côtes du Jura "Fleurs" 2010 - Alain Labet : Un blanc aux 16 mois d'élevage complètement intégrés pour donner un vin ouvert et énergique. Bouche saline à l'attaque puis se détend et devient gourmand. Beaucoup de pureté dans la matière, le verre vide après dégustation est somptueux. Un entrée de gamme qui donne le ton !

 

 

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- Côtes du Jura "Fleur de Chardonnay" 2009 - Alain Labet : Enorme volume de bouche pour cette cuvée qui a bénéficié d'une pluviométrie encore plus faible qu'en 2003. Un style gras et opulent sans négliger une tension qui tient le vin. Ce squelette s'affirme et la fin de bouche offre un retour sur le minéral. Un Chardonnay revenant de loin avec un équilibre bien à lui. Un joli vin pour ceux qui aime les blancs avec de la chair. Le même vin mais sur 2010 se montre dans un registre opposé avec une matière vibrante, salivante même ! Grosse vivacité et fruits acidulés dominent une cuvée encore un peu fermée mais sur l'élégance.

 

- Côtes du Jura "Fleur de Savagnin" 2010 - Alain Labet : Infernale ouverture dans les aromatiques intenses de fruits jaunes, de poivres et d'épices en tout genre. Un blanc riche, où la maturité s'exprime intensément. Les 3 grammes de sucres résiduels y sont certainement pour quelque chose. Le vin offre la sensation d'un grain légèrement botrytisé avec du souffle dans le volume de bouche.

 

- Côtes du Jura "Le Montceau" 2009 - Alain Labet : Un Chardonnay issu de très vieilles vignes (+ de 70 ans) offrant davantage de profondeur que les autres cuvées. Un blanc sensuel, assez onctueux en fait mais avec de superbes amers. Quel grain ! La bouche développe les nuances de la Marne avec un aspect solaire tandis que le petit côté tendu et caillouteux de la fin de bouche met en relief les éboulis Calcaire.

 

- Côtes du Jura "La Bardette" 2009 - Alain Labet : Les aromatiques semblent plus élégants avec des fragrances de noyaux, d'épices et de fruits rôtis. L'attaque est ample, généreuse et le vin donne une sensation apaisante. L'effet millésime parle pour le moment et la petite fougue de fin de bouche lui annonce un plus bel avenir semble-t-il.

 

- Côtes du Jura "En Chalasses" 2009 - Alain Labet : Encore un Chardonnay mais dans un registre peu commun. Le vin enfle et semble tenir son équilibre lié à la densité de la chair des raisins. C'est serré (dans le bon sens du terme) avec une assise pure. Mûr, riche et tension sont tous les trois réunis dans la même bouteille.

 

- Côtes du Jura "Les Varrons" 2008 - Alain Labet : Nez sublime signé par l'exotisme de la mangue dorée. Bouche assez ronde dans l'esprit et caractérisée par de beaux amers et une trame posée. "Les Varrons" se décline aussi dans la gamme de Julien Labet. Elle se goûte, pour le moment, moins bien avec un nez réducteur sur les lies. La bouche est équilibrée, sur la maturité c'est certain, le peps lui est apporté par le gaz carbonique laissé exprès car le vin est vinifié sans sulfites.

 

 

 

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- Côtes du Jura "En Billat" 2007 - Julien Labet : Il y a des vins comme celui-là qui semblent humains. Il y a du talent, de la sensibilité dans ce jus salin, droit et précis. Originaire d'un terroir de schiste, les aromatiques de ce Chardonnay trompent en ressemblant à la trame d'un Riesling. En bouche, ce vin est l'antipode de la cuvée "Le Montceau" du papa. C'est un style de vin anorexique, sans souffle alcooleux mais tout en droiture avec un fil conducteur minéral. "En Billat" provient d'une sélection massale de 27 ares de vignes plantées en 1888 !

 

 

 

     Petit intermède, où je me dis que les vins de Julien offrent beaucoup de salivation en rétro. Ses vins sont complexes dans les sensations, moins dans les aromatiques mais de mon avis les sensations sont plus importantes et apportent davantage dans la naissance de grands vins.

 

 

 

- Côtes du Jura "Pinot noir" 2010 - Julien Labet : Joli nez de fleur mais le vin se révolte davantage en bouche avec une sensation pulpeuse. Saveurs de zetes d'orange, trame fine et matière délicate. Le raisin parle, un Pinot Noir qui se laisse boire sans difficulté avec un fruit très croquant.

 

- Côtes du Jura "Cuvée du Hasard" 2007 - Alain Labet : Ce vin est issu d'un assemblage de différents "crus" de Chardonnay et est élevé sous voile. Le nez montre déjà beaucoup de tension (épices, noix, fruits secs ...). L'attaque surprend par sa gourmandise et sa netteté. C'est long, élégant malgré une pointe d'alcool en finale. La chair est dense, on sent des vignes âgées avec un jus profond. Une cuvée sous voile surprenante car il n'y a pas l'acidité d'un Savagnin et donc une densité plus abyssale. L'élevage est plus court que pour un Vin Jaune et de ce fait le vin est moins maigre. Le Chardonnay de voile, finalement, c'est pas mal ...

 

- Côtes du Jura "Savagnin de Voile" 2007 - Alain Labet : Une belle comparaison avec le Chardonnay de Voile. Comme attendu, ce Savagnin dévoile plus de tension et une texture de bouche moins large, moins volumineuse. C'est plus verticale et dans un esprit de rectitude. Le genre de vin qui fait du bien à l'amateur accompli mais qui n'attire pas beaucoup de néophyte.

 

- Vin Jaune 2005 - Alain Labet : Remarquable finesse dans les aromatiques. Bouche fluide et épicée. Trame salivante avec un "oxydatif minéral". Très joli squelette et encore une fois belle rectitude. Un Jaune qui suit très bien le vin précédent.

 

- Vin Jaune 2004 - Alain Labet : Le nez semble plus commun ou plutôt plus typé. Mais en bouche c'est la cavalerie ! Waaaooouuuhhh !!!! C'est sapide, reposant et énergique. Un squelette phénoménale qui vous emporte loin, loin ... J'apprécie davantage ce 2004 qui me paraît plus rustique dans l'esprit. Celui-là, il ira loin pour ceux qui auront la chance d'avoir encore quelques flacons dans plusieurs décennies.

 

- Vin de Paille "La Paille Perdue" 2007 - Julien Labet : En réalité, cette cuvée de Julien ne possède pas l'appellation Vin de Paille car le degré n'est pas assez élevé. C'est absurde quand on sait que la grande majorité des Vin de Paille sont levurés puis chauffés pour avoir 14,5 d'alcool et donc obtenir l'appellation. Les vignerons qui travaillent naturellement, sans tricher, ne peuvent obtenir l'appellation. Lorsque les Paille sont chauffés et levurés c'est au détriment de la qualité aromatique. Sinon, "La Paille Perdue" (on comprend mieux le nom de la cuvée) montre une jolie tension malgré le sucre résiduel. On sent l'équilibre du raisin.

 

- Vin de Paille 2006 - Alain Labet : Cuvée qui n'est pas non plus en appellation faute de degré suffisant. 200 grammes de sucres résiduels vraiment bien intégrés. Notes chocolatées et caramélisées. Le sucre se sent un peu plus que le Vin de Paille de Julien. En bouche, c'est éclatant et frais. Surprenantes saveurs de blé noir, de pruneaux, de coings et de céréales. Une belle cuvée à dominate de Savagnin et de Chardonnay et complétée avec un chouia de Poulsard. 

 

 

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     Les vins des Labet m'ont étonné par leur vista et leur énergie. Les vins encore en élevage (2010 et 2011) s'annoncent cristallins. Je trouve assez insolite de trouver un domaine qui laisse autant de place à l'effet millésime avec des dynamiques aussi différentes. C'est important, courageux et trop rare de nos jours. Merci pour leur accueil formidable, leurs vins qui ne fatiguent jamais et la superbe petite flânerie matinale dans les vignes ...

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Lundi 28 mai 2012 1 28 /05 /Mai /2012 20:38

     Perdu dans les caves et aveuglé par les vapeurs oxydatives du domaine Macle à Château-Chalon dans le Jura, deux jolis "Vin Jaune" se sont dénudés pour offrir leur for intérieur. Introspection rapide mais néanmoins réelle de deux flacons ouverts pour l'occasion.

 

 

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Le Vin Jaune 2004 pour commencer ... qui nous entraîne dans un registre d'oxydatif noble sans caricatures. Mélange subtil de gingembre, de curry et d'aspect noisetté. L'attaque de bouche semble superbe même si la patience sera le maître mot de tout amateur. Le vin est salivant, long et libre, encore basé sur une trame tendue et dure mais ce Château-Chalon s'annonce bien pour les décennies à venir. 

 

 

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Vient ensuite le moins attendu 1998. Lorsque l'on se plonge dans les aromatiques, il n'a rien de comparable au 2004. Les notes enfantines se sont évaporées pour laisser la place au thé vert, au tilleul, aux notes de meubles cirés. C'est un état d'esprit beaucoup plus ciselé avec un oxydatif très fin voir secondaire. Nette persistance de bouche avec un ensemble apaisant. La fougue que faisait ressentir le 2004 est substituée par l'harmonie pour ce 1998. On sort du verre avec une trame tannique et minérale.

 

Deux bouteilles à siroter tranquillement avec le titre "Black Moon" de Wilco dans les oreilles ...

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 20:12

 

     Il paraît tranquille comme ça Jean-François. Mais croyez-moi, derrière son air pensif, serein et décontracté se cache un sacré bonhomme. 

 

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Jean-François Ganevat, vigneron à Rotalier dans le Jura, reprend les reines du domaine familial en 1998. Aujourd'hui, il s'amuse sur un peu plus de 8 hectares. En guise d'apéro et avec sa pipette indéboulonnable dans la main, JF nous fait goûter quelques 2011. Son Chardonnay "Grusse En Billat" se goûte déjà très bien avec sa structure droite et minérale. Idem pour son Savagnin Franc de pied planté en 2000 qui délivre beaucoup de tension et un équilibre à se rouler par terre ! "J'en Veux" 2011 qui est une cuvée de 18 cépages rouges jurassiens se montre super frais. C'est remplit de fruits croquants avec un aspect digeste qui frise la perfection. Ci-dessous, l'étiquette à l'esprit tendancieux de la cuvée J'en Veux.

 

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Chez les Ganevat, on a le sens de l'effort (j'ai pas voulu dire du vrai travail, quelqu'un a dû utiliser cette formule à mauvais escient). Du travail, il n'en manque pas puique JF essaye de replanter les 52 cépages qui existait autrefois dans le vignoble Jurassien. En effet, les cépages du Jura ont été reduit à 5 seulement, avec le Savagnin et le Chardonnay pour les blancs ainsi que le Pinot-Noir, le Poulsard et le Trousseau pour les rouges.

Sur les 52 cépages existants, M'sieur Ganevat en a replanté 45. On dirait bien que c'est en dehors des schémas traditionnels que Jean-François a trouvé la solution. Un travail de titan quand on sait qu'il s'efforce à conduire des parcelles avec une densité de plantation complètement dingue. Parfois on atteint les 25 000 pieds à l'hectare comme dans cette parcelle de Trousseau (Cuvée "Plein Sud").

 

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Cela ne se voit pas comme ça sur la photo, mais il y a bien 25 000 pieds/ha et surtout tous les piquets ont été installé au marteau-piqueur (la roche est juste en dessous). Est-ce d'ailleurs cette parcelle de Trousseau qui servira de test pour une future cuvée en commun avec le domaine Overnoy-Houillon ? En effet, petit scoop, les domaines Ganevat & Overnoy feront peut-être bien une cuvée ensemble de rouge. Le Trousseau viendrait de chez JF Ganevat et le Poulsard de chez Overnoy-Houillon. Une cuvée qui vaudra son pesant de cacahuètes ...

 

On continue la dégustation avec la "Cuvée de l'Enfant Terrible". Une matière fraîche et naturelle. C'est plein de fruits croquants mais avec une dimension de pureté sans comparaison. C'est juste cristallin. J'adore.

 

La suite n'est qu'une avalanche de dégustations que je ne peux m'amuser à vous conter ici par peur de vous lasser. Simplement pour vous dire que la cuvée "Florine" est énergique et minérale, que la cuvée "Chamois du Paradis" s'étire davantage, avec plus d'équilibre dans l'ensemble malgré encore un petit côté lacté, que la cuvée "Marguerite" possède ce superbe volume de bouche avec beaucoup de tension, que "Les Grands Teppes" montrait ce nez de petit poil à bois, de morceaux de chêne et de gaufre, que "Les Chalasses vieilles vignes de 1902" s'est dévoilé sous un jour d'alliance entre haute maturité et esprit de cailloux, que "Les Chalasses Marnes Bleues" exprimait nettement son pH de 2,80 et donc cette acidité tonitruante avec une bouche d'une salinité mon Dieu ... et que son Vin Jaune 2003 est d'une pureté ! Un monstre, que ce Jaune, dompté par une bouche délicate et subtile. C'est fin et géant à la fois. On se demande même, ne serait-ce qu'un instant, où est l'oxydatif ...

 

Voilà, il y a longtemps que je n'étais pas parti avec une telle banane de chez un vigneron. Tous les vins sont expressifs et possèdent cet esprit Terroir. Il n'y a pas un vin où l'on ne tombe pas sur du cailloux et une grosse personnalité. Avec ses petits volumes Jean-François croule sous la demande. Il confiait qu'il pourrait vendre 100 fois ce qu'il avait avec une telle demande. La rançon de la gloire ... et ce n'est pas la BD Les Ignorants d'Etienne Davodeau où un chapitre lui est consacré qui va réduire l'engouement pour ses vins ...

 

 

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Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 11:55

 

     Le coup de coeur ou la révélation de ce début d'année, je l'ai eu au domaine des Cavarodes conduit par Etienne Thiebaud. Ses vins, pas encore mis en bouteilles, m'avaient impressionné lors d'une dégustation à la Dive Bouteille rayon Jura en Janvier dernier. 

Déguster chez lui, c'est tout de même plus appréciable. Etienne est adorable, son accueil très humain, ses réponses à nos questions sont justes, formels et il n'esquive rien. Etienne Thiebaud s'est installé à Cramans en 2007. Il cultive 4,5 hectares répartis sur plusieurs terroirs disposés à Montigny, Mouchard, Grozon ...Ses vins tirent leur quintessence sur des terroirs marneux, d'éboulis calcaires et de calcaires du Kimméridgien.

 

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Le vigneron s'attache à faire des vins avec ce bon sens paysan, il vinifie sans soufre et les vins sont élevés sous bois dans de grands foudres le plus souvent. Travail des sols, labours, pas de désherbants, enherbements, vendanges manuelles, pas de machines qui pourraient triturer les raisins ... Il en sort des vins absolument droits avec un fruit généreux et des matières équilibrées.

Retour sur quelques dégustations avant emprisonnement des jus en bouteilles ...

 

- Arbois Poulsard 2011 : Un rouge qui n'a pas encore vu de sulfites et qui se porte à merveille sur des notes juteuses et croquantes de fruits rouges. Aucune dureté, voilà un vin tout à fait aérien récompensé par un joli jus. Se boit sans difficulté.

 

- Vin de Pays de Franche-Comté Rouge 2011 : Sans soufre également ce VDP provient de vignes complantées de 10 cépages (Trousseau, Pinot-Noir, Pinot-Meunier, Gamay, Poulsard, Enfariné, Portugais Bleu ...). Superbe nez aux fragrances toniques et profondes. Bouche ample, plus tannique que le précédent et se resserrant un peu en finale. Le soutirage (aération) lui fera du bien.

 

- Trousseau "Messagelin" 2011 : Un rouge élevé en foudre et se présentant comme un superbe canon. Du jus, de la longueur, beaucoup de fond. Sensation d'une belle niaque sans sévérité. Trousseau avec un milieu de bouche plein et frais. Splendide trame aux tanins délicats. Bref, 2011 se goûte décidément très bien dans le Jura, une réussite.

 

- Chardonnay-Savagnin 2011 : Vignes de 3 ans plantées en 2009 sur la commune de Mouchard. Nez de gousse de vanille, minéral gourmand avec une tension déjà bien affirmée. Gamme aromatique nette et sensation pure en finale de bouche. Voilà un vin blanc qui file droit.

 

- Côtes du Jura Savagnin 2010 : Vinifié en fûts, le nez s'avère encore un peu fermé. Par contre, la bouche est magistrale de précision. C'est salivant avec une acidité exacerbée. Génial !

 

- Arbois "Guille Bouton" Chardonnay 2011 : Vin plus riche semble-t-il à l'attaque avec un joli finish tannique pour ce blanc encore en élevage. Arômes un peu fermentaires en bouche, une trame légèrement nébuleuse. Le vin a besoin de s'affiner et donnera quelque chose de superbe avec un an d'élevage supplémentaire. Le même vin en 2010 est net et salivant. Pur et déjà minéral, c'est une perle ! 

 

- Savagnin "Grozon" 2011 : Celui-là quand il aura décidé de s'ouvrir ce sera une bombe ! Gros volume mais grosse tension aussi. Encore fermé malgré la salivation de fin de bouche. Pur, net et facile, il en impose par sa présence.

 

- Pétillant Naturel Poulsard/Trousseau : Une bulle de 2011 qui se montre ultra juteuse. Rien que du fruit ! Jolie bulle délicate malgré une pointe de sucre qui alourdit légèrement la matière à mon goût. Dommage mais extrêmement fringant. 

 

- Vin de Table "Le Païen" 2009 : Vin issu d'un passerillage hors souche (comme un vin de paille). Ce vin (avec du sucre résiduel donc) est composé de Poulsard, de Chardonnay et du cépage Enfariné. Ce dernier apporte beaucoup d'acide tartrique. Les anciens l'utilisaient beaucoup autrefois dans les parcelles afin d'utiliser le moins de sulfites possible (j'en reparlerai avec un article sur le domaine Jean-François Ganevat). Bref, le vin montre un nez avec une pointe oxydative qui tient le vin en contrant le sucre. Bouche vive, fraîche et digeste malgré le sucre résiduel. Notes de pruneaux, de blé noir et de figues. L'acidité donne une fin de bouche alerte à l'aide du cépage Enfariné  je pense. Un vin de paille vraiment gourmand.  

 

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Le sentiment général de ce moment passé avec Etienne Thiebaud restera qu'il ressort une grand trame dans les vins du domaine. Les vins sont purs et se montrent plein de belles métaphores. Ne reste plus qu'à attendre leur mise en bouteille et un peu de vieillissement pour les plus patients afin de profiter pleinement de ces jus. 

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 20:20

 

Ceci est une parodie (de l'émission Bref sur Canal Plus) même si tous les événements contés ci-dessous sont bel et bien réels.

 


     Bref, ça faisait un moment que je rêvais de rencontrer les acteurs du domaine Overnoy-Houillon. Le rendez-vous était fixé depuis plus d'un mois. Arrivé dans un petit coin perdu du Jura, j'ai été accueilli par Anne Houillon.

Anne Houillon est la femme d'Emmanuel Houillon qui lui même est le fils spirituel de Pierre Overnoy qui lui même à géré le domaine pendant une trentaine d'années. Pierre Overnoy a pris la suite de son papa et a rencontré Emmanuel Houillon un peu par hasard. Celui-ci est arrivé au domaine à l'âge de 14 ans. Il fut pris en pré-apprentissage et n'a jamais quitté le domaine depuis. Pierre à transmis son savoir à Emmanuel, une sorte de fusion paternel.

 

D'ailleurs ce ne sont pas des vignerons que j'ai rencontré au domaine mais une famille. Je me suis senti chez moi. Sauf que chez moi j'ai quand même un ordinateur, un téléphone portable, un mp3, une télé ... chez eux je n'ai vu qu'un minitel et un vieux combiné téléphonique. 

 

Avec Anne on s'est mis à goûter les vins. Elle a dit "tu ne trouves pas que ce vin fait penser à une rivière qui passe sur une pierre et qui par cette effet polie la pierre ?". Je l'ai regardé, elle m'a regardé, on s'est regardé. Je lui ai dit "oui" mais sans conviction. Je crois qu'elle l'a vu, merde ... 

 

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A un moment elle a sortie ce rouge de nulle part avec cette couleur grenadine. J'ai souri. J'ai senti. J'ai bu. J'ai été ému. Elle l'a vu alors j'ai bu tout mon verre. Il s'agissait du Poulsard 2011 du domaine, c'était génial je n'avais jamais bu un vin aussi digeste, juteux et profond à la fois. Un glouglou intense. Après Anne est partie chercher d'autres bouteilles, je me suis dit que c'était quand même une super journée qui s'annonçait. 

A un autre moment, il y a eu des Canadiens qui ont fait leur apparition. Ils voulaient acheter une bouteille mais n'avaient pas assez d'argent sur eux. J'ai rien compris à leur dialecte, même qu'à un instant je crois qu'ils ont essayé de faire une blague en canadien, ça ma pas fait rire.

 

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Le domaine fait du vin sans sulfites depuis toujours. Pierre Overnoy n'a jamais voulu mettre du SO2 dans ses jus ou ses vins sauf une fois en 1985. Je me suis dit que je n'étais même pas né en 1985 et que j'avais encore tout à apprendre. Bref, en 1985 Pierre à mis une pointe de sulfites. Au moment de presser, il a senti son marc comme le faisait son père. C'est la seule fois où il a trouvé que le marc sentait mauvais. Du coup, il n'a plus jamais mis une goutte de sulfites dans ses jus et les marcs sentent bons chaque année. En 2003, millésime ultra solaire, Pierre disait à Emmanuel Houillon de mettre un  peu de SO2. Emmanuel n'a jamais voulu et s'est donc refusé à en mettre. Résultat : les 2003 c'est de la bombe !

Après, on s'est mis à goûter les blancs. Le premier est un Chardonnay 2010 vinifié comme un Poulsard (cépage rouge) mais avec plus de macération. Je me suis dit que c'était dingue de faire du vin comme cela. J'ai goûté le vin. J'ai vraiment trouvé ça dingue. J'ai ressenti mon verre, j'ai dit "agrumes", un autre a dit "salin", j'ai répliqué par "iode" et il a contré avec "poire, mangue, exotique, mûr, aérien !", je l'ai laissé gagner.

Le deuxième blanc est un Savagnin ouillé. Un nez fumé, un sorte de iodé chaud et de minéral ciselé. En bouche, je me suis dit que c'était le vin que j'avais goûté avec le plus de fond dans ma vie. Ca m'a fait bizarre de ressentir cela, je me suis senti tout petit. Je me sentait bien quand Anne Houillon a dit "Alors c'est quel millésime ?" Je me suis senti mal à l'aise, j'ai réfléchi 3 secondes et je pensais à au moins 5 ou 6 millésimes possibles. Je me suis dit qu'il ne fallait pas que je réponde au pif. J'ai pensé 2000 et je me suis dit que le vin était super solaire malgré sa tension. Finallement je suis parti vers un 2005 ou un 2003. J'ai dit "2003 !". C'était 2000. Et merde j'aurai dû répondre au pif.

Du coup, j'ai terminé mon verre et j'ai trouvé que ce vin était un ovni. Je n'avais jamais ressenti ça. J'ai salivé, salivé et salivé, j'ai failli baver mais je me suis rattrapé au dernier moment. J'avais une sensation de pierre chaude en bouche. Anne m'a dit que ce vin avait 9 ans et demi d'élevage et que Pierre Overnoy disait toujours qu'il fallait boire ce vin 9 ans et demi après sa mise en bouteille. Je me suis donc dit que j'étais un privilégié et que j'avais cherché un tel vin toute ma vie. Du coup, je suis dit que je l'avais trouvé et ça, ça m'a fait vraiment bizarre ...

Pour finir, Anne a ouvert un Vin de Liqueur. C'est une sorte de Macvin du Jura mais sans AOC. Ce jus est un assemblage de Chardonnay et de Savagnin élevé en fûts et muté au Poulsard 2005. Je me suis dit que si tous les jeunes étaient accros aux drogues, moi, je venais de trouver la mienne.

Bref, je suis allé chez Pierre Overnoy.

 

 

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Emmanuel et Anne Houillon. Heureux !

 

 

 

Je remercie Anne & Emmanuel Houillon ainsi que Pierre Overnoy pour leur accueil. J'ai rencontré et échangé avec des gens simples, généreux et intègres. Je les envie pour leur générosité et leur humanité qu'ils possèdent et qu'ils savent afficher (et transmettre je crois). Leur sourire - comme leurs vins - m'ont touché et ont fait que je suis parti avec un sentiment apaisé que j'avais perdu depuis longtemps. Je les remercie chaleureusement et leur transmets par ce billet toute mon amitié et leur réaffirme que je garderai une trace indélébile de mon passage chez eux. Je me rappellerai longtemps de tous ces moments à part en goûtant leurs vins le plus souvent possible ...

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Samedi 24 mars 2012 6 24 /03 /Mars /2012 20:57

 

     Le temps d'une petite semaine - qui passera à la vitesse de la lumière - je m'en vais brûler mon palais aux liqueurs Bourguignonnes et Jurassiennes. 600 km de route ! Juste le temps de s'imaginer le bonheur de certains flacons qui seront ouverts à l'occasion. Le voyage commencera par un arrêt légitime dans le Mâconnais avec de belles dégustations chez Julien Guillot, Marc Guillemot ou encore chez les Bret Brothers (domaine de la Soufrandière).

Puis direction Rotalier et Arbois au coeur du Jura. Casting de choc avec Fanfan Ganevat, Macle, Philippe Bornard, Etienne Thiebaud, Le domaine de l'Octavin, Pierre Overnoy & Emmanuel Houillon, Jacques Puffeney, Les Dolomies, Alain & Julien Labet ... J'en salive déjà !

 

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L'aventure ne s'arrêtera pas dans le Jura mais se terminera paisiblement sur les terres des Côtes de Nuits & des Côtes de Beaune. La Bourgogne ouvrira ses portes pour quelques rencontres et dégustations aux domaines Jérôme Galeyrand, Bruno Clavelier, Claude Maréchal, Prieuré Roch, Fanny Sabre et Jean-Pierre Charlot (domaine Joseph Voillot).

Je vous prépare un compte rendu, promis ! Impressions de dégustations, rencontres avec les vignerons et photos à la volée ... tout cela dans une semaine !

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 20:45

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     Quelle claque ce vin ! Philippe Bornard est un vigneron dans le Jura et fait partie de l'élite des vignerons natures dans la région. Des vins souvent purs et gourmands à la fois. Ici c'est une cuvée un peu spéciale, une rareté ... Le Melon Rouge Queue ! Voilà un cépage méconnu qui mérité gloire au vu d'un tel vin. Cet Arbois Pupillin flatte par son nez de pierres chaudes, de sève, de fleurs ... On retrouve cette pierre en bouche donnant cette sensation de minéralité. C'est salivant et chaque verre est un immense plaisir. Le Rouge Queue porte en lui une très belle mélodie : le vin semble juste, il ne tombe pas dans l'exubérant et montre un squelette équilibré et long. Un blanc du Jura apaisant qui comblera n'importe quel hédoniste aimant les vins élégants et surtout singuliers.     

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Lundi 16 mai 2011 1 16 /05 /Mai /2011 17:30

DSCF2530Un vin dégusté il y a quelques mois ...

 

Le nez offrait d'authentiques arômes de miel, de raisin de corinthe, de fruits confits, de sucre roux, de menthols, de cire, de confiseries, de dattes, d'épices de noël ... Très ouvert, le vin garde un nez énergique qui ne tombe pas dans le "mou".

 

En bouche, on retrouve les saveurs perçues olfactivements accompagnées d'une belle fraîcheur. Et c'est cela qui fait tout l'interêt d'un vin sucré digeste. On garde une certaine fluidité malgré le sucre et la texture ample et riche du vin. Bref, un Vin de Paille où réside un bel équilibre et une surprenante buvabilité.

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 23:53

DSCF2527Ce jeune Chardonnay ouillé montre une pointe d'élevage au nez pour démarrer mais rapidement il dévoile des fragrances beaucoup plus florales ainsi que des notes d'agrumes types citrons/pamplemousses. C'est très frais et aérien à la fois. L'aération apportera ces arômes de craies donnant l'impression d'un nez ouvert, ciselé et accompli.

 

 

En bouche, la sensation de salinité est dominante et ce n'est pas pour me déplaire. J'aime ce côté franc et pur. Beaucoup de tension réside dans cette matière. Un droiture caractérisée par une acidité forte qui revitalise. Attention aux dents sensibles ! Finale une nouvelle fois saline, une superbe trame du début à la fin ! Bref, c'est d'une grande nervosité associé à une maturité superbe. J'adore !

Par Jean-Charles - Publié dans : Jura / Savoie
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