Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique
avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.
Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique
avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.
La première médaille d'or, je la décerne à Coralie et Damien Delecheneau pour les vins qu'ils produisent en général et notamment pour leur cuvée un peu plus confidentielle nommée Quatre Mains. C'est du Sauvignon. Du Sauvignon tonique, tendu, salin. Franchement, j'odore les vins comme celui-ci qui allie gourmandise (parce que c'est mûr) et énorme tension qui donne un véritable caractère au vin.
La seconde médaille est attribuée au maître Richard Leroy. Et c'est un 2005 version Noëls de Montbenault qui a tout écrasé à l'aveugle ! C'était long, tout y était avec parcimonie. Léger oxydatif quasi imperceptible, tension, minéral, énergie... un grand Chenin !
Et finalement la déception est venue d'une valeur sûre. Bel Air et Clardy d'Alice & Olivier De Moor s'est avéré lourd, gras, lactique... un Chardonnay peu digeste, sans droiture. Dommage, il manque une colonne vertébrale, le jus est beau mais le vin est un peu fatiguant.
Ces derniers jours ont été propice à délier les langues à propos de ce qu'aurait dû être, de ce qu'est ou de ce que sera les vins dits "naturels". Nicolas de Rouyn du blog Bon Vivant à mis le feu au poudre en publiant la position officielle de Michel Bettane. La plupart connaisse bien la pensée de ce dernier à propos de ce type de vins. Elle est plutôt négative. D'autres voix comme le blog d'Olif, Le Vindicateur, Oenos, Monomaniaquement Alsace, Oenophil ou encore A Gauche au fond du Bristrot ont tous proposé une vision et un sentiment sur ces vins, leurs producteurs et les modes de vinification qui les dessinent. Tout cela en dénonçant Michel Bettane qui aurait fait lever la foule par son témoignage dans un article d'une revue italienne où il donnait sa position sur les vins naturels, encore une fois. Une position qui suscite donc de nombreuses polémiques et des commentaires par centaines. Pour certains ce fut la goutte d'eau de trop et pour d'autres un réel soulagement que quelqu'un de légitime dénonce ce qu'ils pensaient depuis longtemps. Mais dans le fond, les positions restent quasi inchangées et personnes ne s'est vraiment mis autour d'une table pour en discuter et faire avancer le débat. Peu importe de quel bord l'on soit d'ailleurs.
Voilà une bonne table pour échanger, chez Etienne de Bonnaventure vigneron à Chinon
Car dans le fond, comme me l'a fait ressentir Michel Bettane dans son édito, certains cherchent à imposer une vision. Ce serait ces vins là qu'il faut boire car ce sont les meilleurs, les moins déviants, les plus purs. Le consommateur, nous en fait, se fait bien sa propre opinion. La situation semble loin d'être denouée. Pourtant le vin naturel est bu par si peu d'entres nous et l'on peut dire qu'il ne représente pas grand chose au vu du faible public qu'il touche. Et connaissant le genre d'influence des guides et donc également celui de Bettane et Desseauve, je ne comprends guère le besoin de Michel Bettane d'affirmer sa position. Celle-ci donne l'impression de le desservir. Sa vision du Mondovino était parfaitement respectable mais là en attaquant les vins vivants et les acteurs qui les produisent ainsi que ceux qui les défendent au sein de la filière, il provoque un débat stérile comme il y en a eu tant d'autres ces dernières années. Encore une fois c'est clivant. Il n'y a pas de bonnes ou mauvaises raisons pour expliquer ce genre de position mais je trouve dommage au vu de l'autorité qu'il possède de ne pas s'interroger sur le devenir d'une telle production et d'un tel engouement pour les vins naturels plutôt que de les dénigrer.
Le Pti Journal du Vin Naturel vous souhaite une belle année 2013 pleine de vie et de bonheur comme ce Morgon 2008 de Marcel Lapierre encore impeccable et plein d'entrain !
Pour vos achats de Noël made in France cette année, l'alternative En Joue Connection - animée par une vingtaine de vignerons issus du vignoble angevin - semble être une belle opportunité pour trouver vos cadeaux ou vos flacons pour vos repas de fin d'année.
Cette association née il y a plus d'un an, regroupe d'excellents vignerons qui ont décidé de mettre en commum leur savoir faire, leur matériel, leur idée et leur passion. Ils vous feront déguster leurs dernières cuvées. Patience, Strawberry Field, Léon, O Galarneau, La Chaussée Rouge, Herbes Folles, Gourmandise, Terre ! Autant de noms de cuvées pour satisfaire vos papilles.
Rendez-vous les 15 et 16 décembre prochain en plein coeur du vignoble à Rablay sur Layon.
Plus d'infos sur leur site enjoueconnection
Pour commencer, voici un rosé vineux comme je les aime. L'ouverture du flacon repoussera les amateurs de levures. En effet, une pointe de réduction se fait sentir de suite mais très vite le vin s'ouvre. En bouche, la sensation d'une belle matière, un peu riche et dense attrape vite les papilles. C'est profond, limite un peu tanique. "La Pie Colette" de Jean-Mary Le Bihan (Sud-Ouest).
Et puis 2 rouges sudistes qui se goûtent très bien. D'abord la cuvée "Terre d'Ombre" d'Eric Pfifferling. Un rouge issu de Grenache. Matière fraîche et salivante. Quelle fraîcheur, quel punch ! Le vin se boit sans forcer et montre une digestibilité ultra facile ...
Et enfin, "La Griffe" alias le Côtes du Rhône de Stanislas Wallut. Un rouge plus concentré mais la texture est également fraîche et sur le cailloux. C'est délicat avec un volume bien présent mais sans souffle alcooleux. Jolies saveurs épicées et de fruits noirs écrasés, le vin parle et c'est très bon !
Sur les bords de Loire, se cachait un endroit sublime. A la fois hors du temps et olympien. Soleil couchant, température pacifique, artistes en tous genres ... un cocktail culturel où se sont mélangés auteurs, danseurs, dégustateurs chevronnés ou buveurs d'un soir ! Nicolas Réau, vigneron nature de la Loire, était présent pour faire déguster ses vins. Sylvie Augereau que l'on ne présente plus, ligérienne par nature, se faisait un plaisir de dédicacer son livre "Les 200 vins 100% raisins" Carnet de Vigne Omnivore.
Pour accompagner ce régal visuel, les breuvages cités dans la Bande Dessinée Les Ignorants étaient de rigueur ! Entre autres Noël de Montbenault évidemment, vins de Jean-François Ganevat (Jura), Nadège et Laurent Herbel (Loire), Antoine Arena (Corse) ... et même les vins d'Etienne Thiebaud (Jura).
C'est en me penchant du balcon au dessus de la Loire - avec un verre de Noël de Montbenault 2010 de Richard Leroy - que j'ai compris la force du moment. Cette subtile alchimie entre l'existance d'un lieu unique, la révélation d'un instant présent et le ciment vinique. C'est un moment où l'on ne sait plus très bien ce qui a le plus d'importance, le vin, la vie ou l'art ? le tout ?
Le genre de soirée où l'on se régale visuellement et gustativement. Les rencontres se font d'elles-mêmes. Une soirée organisée par un certain Anatole Lorne. Danseur mais aussi passionné de vins naturels, il lance ces soirées désormais nommées VinoFéroce à St Mathurin-sur-Loire (entre Angers et Saumur).
Pour réserver vos prochaines soirées "VinoFéroce"
vinoferoce@yahoo.fr
06 89 22 23 55
www.lelieudit.org/entrez.htm (rubrique Ateliers)
Parfois, il y a des nouvelles tristes et vraiment inattendue. Le Mas de Libian - domaine prisé en Ardèche conduit par la famille Thibon - vient de subir une catastrophe dont on espère qu'il se relèvera.
Le Mas de Libian se refuse à toutes manipulations oenologiques et fait des vins natures extrêmement juteux et frais. C'est un réel plaisir de goûter à ces nectars, je vous en ai fait part à plusieurs reprises ici même.
Malheureusement et très récemment, le domaine qui devait travailler dans de meilleurs conditions avec l'achat de matériel, vient de vivre une grave déconvenue. Le domaine a acheté des cuves béton et lors d'un banal soutirage les vins ont malheureusement chuté en acidité changeant ainsi leur qualité première. Apparemment, ce sont surtout les cuvées "Khayyâm" et "Bout d'Zan" qui seraient touchées.
Au vu de la forte demande, le domaine est obligé de vendre par réservation ou allocation à l'année. Ces dernières ne pouvant être honorées, c'est une perte évidemment financière mais surtout affective ... Alors modestement j'adresse tous mes voeux de redressement moral aux acteurs du domaine. Le financier, on verra plus tard en espérant que la procédure judiciaire soit favorable ...
La plupart d'entre vous ont probablement vu ou lu dans les médias que notre président de la Répubique (peut-être pour seulement quelques jours encore) est allé visiter un domaine viticole du côté de Vouvray. Plus précisément il est allé au domaine Allias. Nicolas Sarkozy a donc goûté deux vins, dont un Vouvray demi-sec 2008 (après confirmation des propriétaires du domaine). Le Pti Journal du Vin Naturel s'est donc mis en tête de savoir à quoi pouvait ressembler un vin dégusté par un président.
Premier nez complètement sur le soufre ! C'est clairement fermé avec des notes métalliques (SO2). Les aromatiques semblent chimiques avec un mélange de sucre et de sulfites. J'ai eu l'impression qu'il y avait comme une chape (sorte de revêtement) au dessus du vin et qui l'empêchait de s'exprimer (particulièrement le fruit). Au-delà de ce premier nez, je suis parfaitement conscient que ce genre d'arômes flatteurs séduient 9 personnes sur 10 si ce n'est pas plus.
La bouche présente un sucre mal intégré. C'est lourd, riche et sans grande digestibilité. C'est agressif avec une finale grasse et pleine de soufre encore une fois (fermé et resserré). Il y a une sorte d'enveloppe sucrée autour du vin qui masque tout son potentiel primaire. Un Chenin bien peu adéquat pour se régaler ...
Ce domaine de 14 hectares travaille en viticulture biologique, la preuve en est que cela ne fait pas tout. Pour moi, il réside beaucoup trop de maquillage dans ce vin pour une expression complète de ce Vouvray. Dommage ... et extrêmement dommage pour un Homme d'Etat qui aurait franchement pu mieux se faire conseiller pour aller déguster dans le vignoble de Vouvray. Quelques uns de ses conseillés auraient pu lui souffler l'idée de goûter les Vouvray de Vincent Carême, ceux de Pierre & Catherine Breton, de Sébastien Brunet, ou encore de François Chidaine ...
Le Comptoir des Tontons à Beaune est une sorte de conte de fées pour quiconque croit encore que la magie d'une grande cuisine alliée à la bouteille de son coeur donnent des émotions comme rares.
Le ventre vide - et avant d'affronter une telle joie - nous nous sommes autorisés une escapade burlesque chez un certain Xavier. Chez lui, les canons pleuvent et pas n'importe lesquels ! Un Pouilly-Fuissé à Philippe Valette pour nous accueillir et un Bourgogne Grand Ordinaire (BGO) de Prieuré Roch pour rigoler.
Quelle énergie incroyable dans le Pouilly-Fuissé de Valette !!! Mûr, minéral et sapide, le tout en un vin. Le BGO de Prieuré Roch, c'était sur 2005. Un matière énorme, une belle mâche qui n'enlève nullement la patte du domaine. Beaucoup de fond, une structure en place mais un vin pas encore tout à fait ouvert. Sinon, c'est bon, c'est juteux, c'est frais, c'est cailloux ... J'aime le style.
Allez, direction la cuisine de Richard & Pépita au Comptoir des Tontons, un endroit où le bonheur ne se cache pas souvent.
Lui est apaisant, elle est énergique. Ses vins nous assagissent, sa cuisine nous éveille ! Richard & Pépita et la carte des vins. Une alchimie que l'on a du mal à quitter ...
Deux bouteilles ce soir là pour accompagner une cuisine délicieuse. D'abord le Chardonnay de Jean-Marie Berrux. Ce "Petit Têtu" - déjà goûté il y a 2 ans chez René Mosse - me rappel les notions élémentaires d'un Chenin. C'est mûr avec des notes appuyées d'agrumes et de confiseries. La bouche montre de l'ampleur, beaucoup de densité mais se raccroche à une finale vive et saline. Plus l'aération s'est affirmée plus je l'ai trouvé équilibré. Pas mal ...
Le Chambolle de Barthod (un peu plus haut sur les photos) quant à lui s'est montré extrêment décevant (pour moi en tout cas). C'est charmant et dominé par une matière fine et délicate. Un caractère très efféminé mais une bouche qui s'effondre vite. C'est court et pour tout vous dire, je n'ai pas eu d'émotion réelle sur ce 2005.
C'est toujours un régal de faire une halte au Comptoir des Tontons. On y mange bien, on y boit bien, on s'y sent bien et on espère vite y remettre les pieds ...
Je ne crois pas que Philippe Delesvaux aime la médiocrité. Je m'explique. Ses vins très "terroirisés" parlent pour lui. Ils sont de toute évidence purs, nets et droits.
Voici sa parcelle "Clos du Pavillon" entièrement enherbée à la saison pour un meilleur maintien du sol (et une plus importante réserve en eau).
Mon coup de coeur de la dégustation chez lui est et restera sa cuvée d'Anjou Blanc Feuille d'Or 2008. Un vin sec au millésime froid. 2008 donne ce vin minéral avec des saveurs d'iodes et de tourbes. Un nez salin, mûr mais paradoxalement froid. C'est complexe et peu comparable sur la région. La bouche est marquée par un grain renversant, ça monte sans arrêt dans l'intensité. Il y a une sorte de matière incassable où le terroir parle. Les saveurs mentholées, de zestes et de cendres mettent en exergue un vin électrique et subtil pour gourmands avertis.
Les autres cuvées de Philippe Delesvaux sont un régal. Feuille d'Or 2009 semble plus solaire et offre davantage de gras (10 grammes de sucres résiduels). La tension minérale est encore là et le vin offre un fond de bouche de whisky.
Ses cuvées de moelleux (Coteaux du Layon) ou de Grains Nobles montrent qu'un vin possèdant environ 200 grammes de sucres n'en paraît en fait que 50 ou 100g. Et voilà toute la grandeur des vins où les sucres semblent parfaitement intégrés. Ils sont vifs et dotés d'une acidité tranchante malgré leurs sucres. Cela se résume en un mot : équilibre.
Les vins de cet homme me sont apparus comme des vins caractérisés par une classe certaine mais surtout par une tenue de bouche opiniâtre.
Mai Sato & Kenji Hodgson sont - quant à eux - deux futurs "trublions" de l'Anjou. Pour leurs vins, ils recherchent de jolis terroirs. Ils se sont retroussés les manches et ont parcouru beaucoup de chemin (des milliers kilomètres) pour finir par se perdre ici en Anjou. Combien y avait-il de chance pour qu'ils viennent faire du vin ici ? Ce savant mélange Japonais et Canadien au parcours peu académique s'est ennuyé dans le monde du vin Canadien. Ils ne faisaient pas ce qu'ils souhaitaient, loin du terroir et de la compréhension nécéssaire de chaque intervension humaine. Finallement ils trouvent grâce en France où quelques vignerons les aident (Mark Angeli, Claude Courtois ...). Ils décident de ne pas rentrer au Canada mais de rester ici où leurs palais et leurs yeux ont été éblouis par les vins d'auteurs de la région. Ils vinifient dans le même chai que Philippe Delmée, autre trublion ligérien.
Vigne de Mai Sato & Kenji Hodgson, du Chenin bercé par un soleil de soirée hivernale.
Les vins en cours d'élevage sont déjà grands. C'est à mon tour d'être ébloui par leurs vins d'auteurs. Des rouges avec un touché de bouche gracieux et frais. Du fruit, de la vivacité et une finale avec de la niaque ! Leurs blancs encore en fûts sont élancés, gourmands, platoniques et fins. Vivement que ces jus soient mis en bouteilles ...
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