Les véritables Vins de Terroir permettent de rompre de manière symbolique

avec les non-lieux de la mondialisation et de la standardisation.

Les soirées de l'Hôtel Maillard

Lundi 24 février 2014 1 24 /02 /Fév /2014 17:26

 

     Les soirées de l'Hôtel Maillard, huitième volet...

 

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Et cela démarra gentiment avec un pétillant naturel de Philippe Delmée vigneron en Anjou. Du Chenin qui pétille avec une belle bulle fine, de la gourmandise mais qui manque sans doute de longueur pour étonner le palais. Une bulle tout de même bien digeste qu'il est préférable de boire en été !

 

 

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S'ensuit un étonnant et très bon Sancerre blanc de Vincent Gaudry. Ce fut tout de suite précis, sur un variétal agréable, une acidité mordante. Bref toute la sève d'un Sauvignon plaisant et salivant.

 

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Et voilà un habitué des Soirées Maillard ! Mark Angeli et ses vieux millésimes ! Ici un 1998 épanoui même si l'acétate le dessert. Elle marque le vin avec des notes de colle. Le jus est bien là et derrière se dessine une finale de sel.

 

 

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Tout autre chose avec un Chardonnay de la famille Montanet en Bourgogne Vézelay. Premier nez réducteur (manque de soutirage ? élevage sur lies prononcé ?). Bouche parfaitement ciselée avec une tension nette. Le vin ne manque pas de droiture, le jus s'allonge sur le cailloux et ne tombe pas du tout dans le mou. Que j'aime le Chardonnay ainsi !

 

 

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Petite transition avec une Syrah 2012 d'Hervé Souhaut. Syrah fraîche et dans un registre acidulée. C'est gourmand avec des tanins souples mais ce manque de concentration fait resortir un sentiment de dilution.

 

 

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Et le vin qui suit nous a fait changer d'univers. Direction le sud pour un vin où la maturité est omniprésente avec des saveurs de fruits noirs, de richesse, une sucrosité à l'attaque en bouche, de beaux tanins et surtout une belle fraîcheur à l'arrivée. Sensation d'équilibre tout simplement !

 

 

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Nous n'aurions jamais dû ouvrir un Grolleau qui titre 11,5% vol après la richesse du rouge du domaine de la Marfée. Il est apparu lui aussi un peu dilué même si les tanins sont très beaux, le vin est élégant et sur l'acidulé. Léger, aérien, voilà un grolleau pour le printemps qui s'annonce !

 

 

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Les fromages se sont battus autour de deux blancs fabuleux. D'abord le Savagnin de Jean-François Ganevat "Les Chalasses Marnes Bleues" 2011. Cristallin, mûr et surtout à l'allonge minérale. Toujours ce petit côté yahourt qui ressort à l'aération mais une vraie tenue, un style unique olfactivement et une bouche d'une grande classe. On continue dans la pureté avec "Les Vieilles Vignes Eparses" 2004 d'Eric Nicolas dans les Coteaux du Loir. Nez incroyablement complexe avec des notes d'herbes, d'infusions, de fruits confits. La Bouche du Coteaux du Loir se montre plus caressante que celle du Jura mais on a ressenti beaucoup de fond dans ces deux bouteilles.

 

 

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La belle surprise nous vient de la cuvée "Argelette" 2012 d'Eric Bordelet. Une vraie bombe de maturité, de gourmandise, un verre en appel un autre, bref en un mot la sapidité !

 

 

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Pour finir sur une note plus décevante, le "Loin de l'Oeil" 2004 de la famille Plageoles s'est montré comment dire... dans un bien mauvais jour. L'impression de sulfites dominait le vin avec un nez fermé et une bouche serrée. Pourtant pas le genre du domaine, cela montre que les jolis sucres sont toujours difficiles à produire.

 

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Fin d'une Soirée Maillard avec des jus titrant de faibles degrés (c'est pourtant souvent l'inverse lors de ces soirées). Toujours aussi agréable d'ouvrir une dizaine de bouteilles et comparer l'énergie et le fond de chacune.

Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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Lundi 4 novembre 2013 1 04 /11 /Nov /2013 16:42

 

     Quel goût aurait la vie sans avoir dégusté un vin de Didier Chaffardon ? L'Eléphant Rouge, Cabernet Franc 2011 fraichement mis en bouteille avant les vendanges 2013, est un rouge plein de fraîcheur avec une acidité salivante, c'est génial pour démarrer l'apéro !

 

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L'enchaînement est donc délicat et l'évolution d'un Fonsalette 1999 ne pèse pas lourd à côté de la niaque de l'Eléphant. Le vin est très bon, sur des notes chocolatées, de café, de pruneaux. C'est fin et aérien comme matière. Je demande à goûter des millésimes récents pour avoir un réel avis de comparaison.

 

 

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Le "Blanc du Casot" du Casot des Mailloles émerveille les papilles. Tout le monde ne comprend pas ce qu'il y a dans le verre mais tout le monde à des questions ! Déjà la couleur ? Puis la refermentation ? Et puis la fraîcheur, l'acidité et la maturité y sont associés, c'est long, généreux et surtout quasi incomparable.

 

 

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Cela ouvre l'appétit ! Non ?

 

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Sur les huîtres, deux moelleux/liquoreux vont se livrer un combat. Un Quarts de Chaume de Francis Poirel sur le millésime 2001 face à un Clos de Rouliers de la même année mais de chez Richard Leroy à l'époque où il faisant encore ses Chenins version liquoreux.

 

 

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Combat inégal, le Quarts de Chaume explose tout. Déjà par la qualité de l'intégration du sucre et aussi par l'équilibre sucre/acide mais surtout par le soufre beaucoup moins présent qu'avec le Clos de Rouliers 2001.

 

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On change de décor avec la bombe de la soirée, celle qui a scotché tout le monde à l'aveugle. Roussanne, Marsanne et Viognier furent les réponses les plus chantées à la volée. Tu parles, un Chenin ! Incapable de trouver même de deviner un peu ou de se rapprocher légèrement de la région. Un Chenin de Didier Chaffardon donc. Nommé "Translation ?" C'est la quille de la soirée ! Un 2012 parfaitement réussi et quelle surprise, génial j'ai adoré ce moment.

 

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Il y avait aussi cette pépite de Franc de Pied 2009 à Julien Courtois. A boire dès l'ouverture car le vin s'oxyde très vite. Mais c'est également un vin spectaculaire de part l'énergie qui y réside. Précision et tonicité ! Un blanc salivant et électrique.

 

 

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Une bouteille habituelle des Soirées Maillard, Les Vignes Françaises en Foule de Mark Angéli version 2001 cette fois. Toujours aussi étonnant et bon !

 

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Le vin qualifié de "Mambo" de la soirée. Car il danse ce vin, un coup devant, un coup derrière, on y va, on y revient. C'est un peu fou. L'équilibre de cette complentation sur le terroir de Burg de Jean-Michel Deiss. Du sucre bien intégré, c'est également nerveux malgré la rondeur. Bref on perdu totalemement... Mais c'était un petit délice !

 

 

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On aurait cru un "Quartz" à l'aveugle mais ce fut la cuvée "Racines" en blanc de chez les Courtois version Claude cette fois. Moins précis que Quartz donc mais plus enflant, moins vif et plus tannique. Très très bon !

 

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Enfin un rouge ! Morgon 3.14 de Jean Foillard. Dur dur de le reconnaître. Je n'ai jamais été fan de cette cuvée sauf sur 2004 où cela pinotait grave ! Je l'ai trouvé éteint ce 2005, bon mais pas à la hauteur des autres cuvées sur la même table. A revoir dans quelques années.

 

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La bouteille mystère de la soirée ! Une couleur de terre sombre, du gaz mais un bonheur en bouche ! C'est quoi ??

 

 

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Et bien c'est marqué sur le bout de papier qui semble avoir servi d'étiquette, voyez vous même...

 

 

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Un pétillant naturel de Stéphane Bernaudeau. Je ne savais même pas qu'il en avait fait !

 

 

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A ça, pas besoin d'en parler. Un Arbois Pupillin (Chardonnay) 1999 de Pierre Overnoy. Juste merveilleux !

 

 

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Jolie blanc de Rénald Héaulé. Trame nerveuse et saline, plus réservé qu'un Courtois mais c'est très pur.

 

 

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Voilà qui donne le sourire à Didier Chaffardon, lui fan des vins de Michèle Aubéry-Laurent / Domaine Gramenon. Il en a plein sa cave et cette cuvée "A. Pascal" 2009 est domptée par une acidité mordante. Une énorme colonne vertébrale sur cette acidité, à se demander si on est bien dans la Vallée du Rhône ?

 

 

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Nous finirons donc cette soirée par un Isidore toujours aussi équilibré, comment fait-il cela ? Et un Gory 2003 noté 13% sur l'étiquette mais qui en réalité doit faire 16 ou 17 pions. Deux bombes qui vous envoie au lit car après tout cela le ventre dit stop et les yeux se ferment lentement...

 

 

Merci à Philippe Méaille, généreux comme toutes les bouteilles présentent dans sa cave

Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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Lundi 15 avril 2013 1 15 /04 /Avr /2013 21:32

 

     Une nouvelle soirée de l'Hôtel Maillard démarrant sur les chapeaux de roues avec "Le têtu" de Jean-Marie Berrux en Bourgogne. Superbe jus de Chardonnay tranchant et vif. Bien pour se mettre le palais dans le bon sens. Du coup, le Chardonnay nous venant d'Ardèche d'Andrea Caleck est apparu comme un peu lourd à côté. Surprenant ces deux Chardonnay. Pourtant l'école semble être la même mais le résultat bien différent !

 

 

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S'ensuit un Pinot Noir de Marsannay du domaine Denis Mortet. Un nez qui pinote en puissance, une bouche ronde, presque surmûrit. Un vin bien policé, très velouté, presque trop ? Ah oui, 2003 ! Un millésime qui change tout. Il change même la cuvée "Silex" du regrété Didier Dagueneau. Une "Silex" molle, sans niaque. C'est un Sauvignon ultra mûr, riche et gras. Il manque un squelette pour qu'il se tienne. Dommage.

 

 

 

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Il y en a même qui hume encore et encore le Pinot Noir de Denis Mortet ...

 

 

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Heureusement pour retrouver du peps, rien de tel qu'un "Quartz" de Claude Courtois en Sologne. Le sourire revient vite sur les visages avec ce 2009 plein de fougue qui fait saliver.

 

 

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On passe aux rouges. Et pas n'importe quoi avec ces deux cuvées "A. Pascal" de Michèle Aubéry du domaine Gramenon. On commence par un énorme 1995 (Merci à Didier Chaffardon) rempli de fraîcheur et de fines épices. On retrouve l'archétype de vin sur un millésime plus récent (2007 ou 2009 ma mémoire me fait défaut). Très bon également, deux rouges sublimes qui enchantent les papilles avec de grosses acidités.

 

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"Les Vignes du Moulin" !! Un cabernet franc de 2007 doté d'une belle réduction certaine mais d'une bouche ciselée, fine, tendue et fraîche. Un rouge indomptable, ultra mûr aussi. Difficile de trouver un autre figurant à mettre en face de lui. Et celui qui trouve que c'est un Cabernet de Loire est très fort...

 

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Vous voulez faire un trou normand sans faire un trou normand ? Alors prenez un vin de Liqueur de chez Overnoy-Houillon et c'est gagné. Juste un mot sur ce vin : il n'y en a pas 2 comme celui-là !

 

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Et voilà, l'ovni de la soirée. Seulement 65 bouteilles de produites (50 cl) par Didier Chaffardon. Un liquoreux à base de Chenin titrant seulement 3,4 degrés d'alcool acquis. Un sucre résiduel énorme mais parfaitement intégré et j'insiste là-dessus parce que c'est frais, digeste et juste incroyable. Cela s'appelle "Safran" et je suis heureux d'avoir pu goûter à l'un des 65 flacons ! On ne trouve que ce genre de vins aux soirées de l'Hôtel Maillard...

 

 

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Et Didier (à gauche) semble être satisfait de cette fameuse micro-cuvée. Un 1997 de Francis Poirel alias Château de Suronde s'avère plus décevant juste derrière cet ovni de fraîcheur. Passons. Un Coteaux de l'Aubance 2005 (encore en appellation à l'époque) nous fait renouer avec la subtilité des moelleux. Un petit gaz encore présent est le bienvenu ! Bref, génial ! Didier Chaffardon est bien le roi des sucres naturels.

 

 

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L'énorme déception de la soirée viendra d'un Clos des Lambrays 1996. Rien dans le ventre, pas de matière, pas de tension, cuit, passé et dépassé ... Pas un mot de plus !

 

 

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Pour rester sur des vins frais et longs qui font saliver et lever les poils par leurs sensibilités direction "Les Vignes Françaises en Foule" 2002 de Mark Angeli (un habitué des Soirées Maillard). A chaque gorgées le vin change, évolue ... Enorme ! Et le fameux "Visinum" du Casot des Maillolles (Alain Castex) est profond, avec une belle tension malgré une surmaturité. Un peu d'acidité volatile soutien le tout et heureusement !

 

 

 

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Et voilà ce que donne une soirée Maillard réussie ! Merci Philippe de ta générosité !

 

 

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Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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Lundi 8 octobre 2012 1 08 /10 /Oct /2012 13:14

 

     Les soirées de l'Hôtel Maillard - volet n°5 - montent qu'à chaque fois, certains vins sont irrésistibles. Difficile de se défiler devant des vins d'artisans vignerons qui font un vrai travail de paysan proche de la terre. Ce sont à chaque fois des jus mûrs qui sont au plus près de leur terroir d'origine et dotés d'une énergie qui fait vibrer les verres et les palais. De vrai vin de Terroir, souvent incompris des appellations d'aujourd'hui. Retour sur quelques passages marquant d'une belle soirée d'Automne.   

 

 

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Elles sont rares les bouteilles décevantes de Richard Leroy. Pourtant ce Noëls de Montbenault version 2002 n'aura guère enthousiasmé. Un nez riche qui paraît plaisant les premières secondes mais qui développe rapidement un voile oxydatif. La bouche ne fait pas la part belle à la réputation du Chenin. Manque de puissance, un milieu de bouche pale et une finale étriquée. Le vin donnait l'impression d'un déclin certain.

 

 

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Le niveau est vite relevé avec la Cuvée du Patron 2009 de Cyril Fahl, vigneron au Clos du Rouge Gorge dans les Côtes Catalanes. Carafé pour inhiber un léger gaz carbonique, le nez présente une belle acidité volatile canalisant une maturité certaine et poussée. Bouche pleine et fraîche, le vin se présente comme gourmand et l'acidité volatile est bienvenue en donnant un squelette important et nécessaire au vin.

 

 

 

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Si il y avait un grain de volatile dans la Cuvée du Patron, là c'est le cas d'école de la volatile mais de la volatile heureuse ! Heureuse car sans elle, la maturité appuyée écraserait la matière du vin. Elle rend cette Soulà 2003 vivante avec un squelette vif. Un ovni du Casot des Mailloles comme le domaine en est coutumier. 

 

 

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L'équilibre de la soirée est signé par Jean-Michel Deiss avec son Altenberg de Bergheim 2001 ! Un jus fantastique doté d'un sucre parfaitement intégré. C'est lumineux, ce vin témoigne d'un évantail large de sensations. Il semble difficile de placer un mot tellement ce jus semble abouti.

 

 

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Prieuré Roch est de ces vins qui marche contre-nature. Le palais en sait bien plus que la mémoire visuel. Et même si mes yeux savent reconnaître une bouteille de Prieuré Roch cachée dans des kilomètres de linéaires, mon palais lui ne met pas longtemps à reconnaître cette patte, ce style Prieuré Roch. J'ai l'impression que lorsque je goûte ce genre de Pinot Noir, je ne progresse pas. C'est le genre de vin qui murmure "eh mon gars on reparlera de tout cela quand tu auras repris tes esprits".

 

 

 

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Un Anjou 2001 bluffant ! Vraiment cette pépite de Mark Angeli est à part. Un nez large, ample style moelleux. Dire qu'il y avait 60/70g de sure résiduel n'aurait pas été une hérésie. Pourtant la bouche témoigne clairement d'un vin sec. C'est déroutant ce paradoxe. Je me demande toujours comment ce vin a réussi à obtenir l'appellation. L'aurait-il obtenu aujourd'hui ??! Je ne veux pas le savoir ...

 

 

 

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C'est désormais un grand classqiue des soirée Maillard ! Isidore 2004 de Didier Chaffardon c'est la bouteille qui résume ces soirées à elle toute seule. Pourquoi ? Car elle est rare; car elle est réalisée par un vigneron façonnié qui pourra léguer ses terres sans se dire qu'il n'aura pas tout fait pour qu'elles soient cultivables pour longtemps; car c'est un vin authentique sans triches; car à chaque gorgées le vin se goûte différemment; car pendant une seconde suivante il sent les céréales; car la seconde suivante l'esprit minéral prend le dessus. C'est une bouteille qui met KO dès le premier round. Il n'y a pas d'autres explications.

 

 

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"On a jamais de savoir, on a une petite expérience". Cette phrase de Pierre Overnoy peut résumer à elle-seule cette bouteille. Tout le monde sait bien que parler, donner ses commentaires sur ce genre de bouteille est dangereux. C'est si délicat car on sait tous que pour faire ce genre de nectar il faut fournir un travail incroyable. C'est un vin de grandes tables, de belles amitiés, un vin de transmission, de conviction, de libération.

 

 

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Une Folle Blanche comme ça, je n'en connais pas deux. C'est Marc Pesnot qui propose cet Equinoxe 2009. Une folie de Folle Blanche salivante. Une gorgée en appelle une autre. C'est long, frais, frizzant et vraiment long. Pureté convient très bien pour décrire d'un mot ce vin.

 

 

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C'est le premier vin que j'ai bu lors d'une Maillard. Le Gory 2003 du Château Yvonne est un Chenin qui exprime la puissance et la générosité de ce cépage mais aussi toutes ses autres facettes. Maturité impressionnante, tension qui sort de nulle part, salivation preque gourmande. Difficile de reproduire un nectar comme celui-là sur un autre millésime, ce qui en fait une bouteille unique.

 

 

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Sayonara pas pour tout le monde est un Touraine blanc 2005 des frères Puzelat. Vin incroyable, liquoreux mais d'une insolente fraîcheur. Ce vin est complexe et ne peut être comparé. Il est bien difficile de dire que c'est du Sauvignon mais c'est la légère impression qu'il m'a donné. Avec ce genre de bouteille, on est sûr de rien ...

 

 

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Petite parenthèse whisky ! Un verre de Pale Single Single de Michel Couvreur ne se refuse pas. L'alcool est vraiment secondaire, c'est pur, floral, sans agressivité aucune. Une petite lumière, une véritable douceur parmi tous ces vins.

 

 

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Le Vacqueras 2001 d'Emmanuel Reynaud conclura une soirée magique. Un jus frais et une digestibilité rare pour une bouteille du rhône et surtout pour une bouteille qui passe après 12 autres. Petites épices, fruits rouges et fleurs donnent un vin sensuel, proche d'un blanc à ses heures.

 

 

 

 

 

Merci Philippe !

Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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Dimanche 3 juin 2012 7 03 /06 /Juin /2012 23:55

 

     Les soirées de l'Hôtel Maillard ont pris une toute autre tournure ce samedi avec des vins ouverts avec plus de 130 années de différence. Car, à peine arrivé, c'est avec un verre de Nuits-Saint-Georges 1877 que j'ai pu me rafraîchir et tomber par terre. Déjà car c'est un moment unique, aussi car le vin était superbe et enfin car c'est une chance de remonter aussi loin ...

 

 

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La couleur éclatante de ce Pinot Noir 1877 sorti de sa bouteille soufflée à la main

 

 

 

Le vin s'offre sur des saveurs légèrement kirschées et d'eau-de-vie fine. Le volume est là, il n'y a pas seulement une trame acide mais un réel fond. De nobles arômes tertiaires se dessinent et le vin enfle en fin de bouche comme beaucoup de vin d'origine non-greffé. La finale se montre telle un ballon explosant doucement, doucement, doucement ... un 1877 en pleine forme, se livrant dans un bon état et avec une évolution du bouchon extrêmement lente mais sereine.

 

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Pourtant rien ne laissait penser que ce vin serait renversant au vu de la petite annotation sur la pancarte de la cave ci-dessus. Vous pouvez lire en haut à droite le terme "Dégueux" ... à tort.

 

 

8 vins du 19ième siècle et du début du 20ième ont été ouvert. Une expérience du temps prouvant que l'on est tout petit et loin de comprendre ce produit magique qu'est le vin. Parmi ces nectars, un Saint-Julien s'est aussi fait remarquer avec son attaque gourmande, avec ce fruit éclatant, dire que cela ressemblait à un Beaujolais sur la jeunesse n'aurait pas été une hérésie ... Un autre ressemblait davantage à un très vieux Xérès tandis qu'un autre vin rouge me semblait calquer la texture d'un Hybride ou peut-être d'un vieux Cabernet Franc de Loire. C'est donc ce Nuits 1877 qui restera à jamais graver dans nos mémoires de petits dégusteurs, un instant t irremplaçable et précieux.

 

 

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Ouverture du Saint-Julien à l'année inconnue mais à la couleur style Poulsard de Pierre Overnoy

 

 

 

S'ensuit ce qui pourrait s'appeler une vraie déception. Dans le monde du vin, quelques mythes existent et l'évocation de leur nom fait frissonner. Il y a bien évidemment les domaines de la Romanée-Conti, Anne-Claude Leflaive, Coche Dury, Mortet, Raveneau ... et les vins de Lalou Bize-Leroy (ex co-gérante du domaine de la Romanée-Conti de 1974 à 1992).

 

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C'était une première pour moi avec une cuvée de ce domaine mythique. Meursault 1er Cru "Les Gouttes d'Or" 2001 de Lalou Bize-Leroy (alias le domaine d'Auvenay). Comme ça, ça en jette. Mais bon, rien de tel qu'une dégustation pour s'en assurer ... Première attaque à la sensation gustative de Chenin, sensation de pêche et pointe de gaz. Attaque emballante mais le vin devient caricatural et s'enfonce avec une trame lourde, riche, pâteuse et grasse. La tension ne vient pas, l'équilibre penche vers la lourdeur ... On dirait un vin bâtonné (remuage des lies durant l'élevage) avec une tension et une minéralité inexistante. Notes de pommes blettes légères et petite rétro de carton mouillé après quelques minutes. C'est le très mauvais côté du Chardonnay, un vin pas du tout en résonance avec la renommée du domaine. C'est une nette déception, le vin ne se refera pas même après 4 ou 5 heures d'ouverture, il empire même. A ce prix là, près de 500€, mieux vaut se tourner vers le Nuits-Saint-Georges 1877 annoté "dégueux".  

 

Cela semble sévère mais ce sont des sensations bien réelles qui se sont d'ailleurs confirmées avec l'ouverture de 2 autres vins issus de Chardonnay, histoire de comparer ...

 

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D'abord un Chardonnay du domaine Overnoy-Houillon dans le Jura. Un Arbois-Pupillin 2010 (cire grise) avec plus de macération que les autres Chardonnay habituel du domaine. C'est plus gras qu'à l'habitude avec une petit aspect gourmand mais très vite la trame minérale revient. C'est une claque d'équilibre, un blanc avec de la niaque et pour longtemps. S'ensuit le fameux "Blanc d'Argile" de Vouette & Sorbée (alias Hélène et Bertrand Gautherot). Un Champagne d'esthète à la texture fine et subtil. Un gaz largement secondaire, du vineux mais surtout des sensations salées. C'est assez unique, cela cisèle la bouche. Un peu réchauffé, ce Blanc d'Argile se tient bien, sa matière est aérienne avec peu de carrure et une pointe oxydative. Ce n'est pas un Rachais puissant à la Boulard mais bel et bien un sublime Champagne délicat ... Deux vins qui ont surclassés le Meursault de Lalou Bize-Leroy. Pour ce soir-là en tout cas ...

 

 

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Voilà un monstre ! Un ovni signé Ghislaine & Alain Castex plus connu sous le nom de domaine Le Casot des Mailloles. Un domaine qui doit faire parti des 5 ou 6 en France à récolter leur raisins avec une extrême maturité. Le moins que l'on puisse dire c'est que ça se sent. Ce "Soula" 2003 s'ouvre sur des notes de daim, de cuir et de chocolat. Un délice, une maturité folle bien tenue par une acidité volatile largement supérieure à la normale. Heureusement qu'elle est là d'ailleurs, c'est elle qui donne ce regain d'énergie et qui fait que l'on a envie de rester la bouche ouverte. Le vin est plus en place qu'il n'y paraît au premier abord. Un jus hors norme à la finale d'orange sanguine et à la matière souple et délicate. Du grand Casot ! C'est ce vin qui devrait valoir 500€ ! (mauvaise allusion au vin du domaine d'Auvenay de Lalou Bize-Leroy).

 

 

Puis, pendant un instant, je regoûte le 1877 tout en me disant qu'il lui manque un peu d'acidité volatile à celui-là ! Il y a près de 130 ans d'écart entre le vin du Casot des Mailolles et le Nuits du 19ième. Cette impression de traverser les années me fait prendre conscience que finalement il n'y a pas tant de disparité entre deux grands vins.

 

On continue avec un splendide rouge de Didier Chaffardon 2004. C'est comme à l'habitude ultra mûr, avec une pointe de brett aussi, mais le vin reste gourmand avec ses saveurs de raisisns chauds et un fond juteux irréprochable. Quel souffle dans cette bouteille !

 

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Deux Chenin terminent une belle soirée. Mark Angeli et Richard Leroy ne se présentent plus, ce sont désormais des légendes dans le vignoble. Pourtant "Les Noëls de Montbenault" 2000 (fait en moelleux à l'époque) de Richard Leroy s'est montré mou, pas dans un grand soir ...

L'Anjou 2002 de Mark Angeli, lui, s'était mis sur son 31. Sublime et sursublime ! Du grand Chenin qui semble énergique et qui monte progressivement (très long) pour finir sur un esprit de pureté ... Une très bonne bouteille pour finir une soirée et pour oublier son carnet de note dehors sous la pluie ... 

 

 

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Mon carnet fétiche, lessivé par une pluie battante ... à peine récupérable.

Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 10:09

 

 

     Les soirées de l'Hôtel Maillard, exemplaire numéro 3

 

Fidèle et Blanc d'Argile tracent le sillon. Ces Champagnes - signés Hélène et Bertrand Gautherot alias Vouette & Sorbée - montrent à quel point l'on peut savourer, avaler, grumer et se délecter avec des petites bulles ... Ce sont des Champagnes incroyablement salins et purs. Deux oeuvres qui pétillent ...

 

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Un grand magnum de Nourrissons 2004 peut être parfois une petite déception. Enthousiasmant au départ, ce vin de Stéphane Bernaudeau s'est révélé sur des aromatiques soufrés, des notes pétrolées et une matière noble mais un peu riche. Le Blanc du Casot 2007 - lui - est exceptionnel. Quoi qu'il arrive, les vins du Casot des Mailloles sont fabuleux mais là ce 07 est un vin d'explorateur. Il y a du génie dans ce flacon ...

 

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La bouteille de la soirée pour moi ? Le Morgon 3.14 d'Agnès & Jean Foillard millésime 2004. Pouuuufffffff, magique ! Ce jus touche à la finesse, à la vivacité, à la grâce ... C'est long, rassurant, anesthésiant. Un canon qui réjouit les coeurs. J'en profite pour faire un mea-culpa à propos d'une 3.14 millésime 2007 avec laquelle j'avais été un peu dur mais néanmoins sincère ici. J'ai pu régoûter cette 2007 depuis (merci Philippe) et je dois bien avouer qu'elle est sublime. Elle s'est tournée vers des sensations salées qui lui vont à ravir.

 

 

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Choisir un Eléphant Rouge derrière ce Morgon était sans doute le meilleur choix à faire. Une bouteille inégalable. Du Cabernet Franc né en 2009 comme je n'en connais point d'autre. C'est tellement juste dans la maturité, c'est tellement gourmand, c'est tellement quelque chose cet Eléphant, le sang du Cabernet ...

Et puis la boire en compagnie de son auteur, Didier Chaffardon, cela permet de voir la vérité vraie. Ce vin est un réel plaisir avec ses sensations presque sucrées, son équilibre et sa buvabilité.

 

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Le Vin de Liqueur de Pierre Overnoy servira de Trou Normand. Le genre de bouteille qui sait conquérir tout le monde. Les grandes bouteilles sont les bouteilles vides. Celle-ci aura mis tout le monde d'accord, un avis unanime : du bonheur. A chaque gorgée le vin se décuple, il change, il offre quelque chose de nouveau. Ce vin est une drogue avec ses saveurs de zetes de mandarines, de pain d'épice, d'eau-de-vie, de fleurs et de céréales. C'est long, complexe et cela résiste à tout.

 

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Le franc de Pied 2004 alias Vignes Françaises en Foule de Mark Angeli est un ovni. Une finale enflante, un Chenin dynamique à l'ancienne sans superficialité qui s'amplifie à l'aération. L'Arcane à Sucre 2005 de Didier Chaffardon est un moelleux splendide. Le nez est, il est vrai, encore en retrait mais quelle bouche ! Voilà un vin plein d'énergie, qui ne tombe pas dans le mou et qui heurte par son plaisir proportionnel à la générosité de Didier.

 

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La Pascole 2010 de Bruno Duchêne s'est avérée ennuyante. Une simple aération révèlera un style carbonique et donc un peu éphémère à mon goût. C'est bon mais entêtant. Cette Pascole 2010 souffre à mes yeux de la réussite incroyable de cette cuvée sur le millésime 2008.

Isidore 2004 est indéniablement grandiose. Une bouche énergique à la finale salivante. C'est complexe avec une bouche en perpétuelle évolution. Chaque gorgées apportent de nouvelles saveurs et offrent un plaisir unique. Son petit frère sur 2009 est tout aussi génial et offre un plaisir gustatif plus immédiat, sans doute moins complexe pour le moment mais l'avenir est devant lui.

 

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Château Yvonne, cuvée Le Gory 2003, est un catalyseur. Il y a une banane (lire énergie) dans ce vin c'est incroyable. En bouche, un fil conducteur montre la voie. Une tension nette malgré une maturité plus que poussée semble-t-il.

 

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Terminer par des vins avec une tendance oxydative, c'est l'assurance de veiller à une bonne fin de soirée. Jour de Fête 2005 de Jean-Marc Brignot est un petit bijou : un tourbillon de sel invulnérable. L'autre ovni est un vieux Savagnin ouillée de 1997 de Pierre Overnoy. 50 cl de bonheur suprême. Un vin quasi indescriptible avec une matière squelettique aux saveurs médicinales et caillouteuses. Un vin vicéral, loin de tout, une sorte de rempart à la tristesse.

 

 

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15 bouteilles qui - comme dirait Didier Chaffardon - ne sont qu'au final que du jus de raisin fermenté mais qui semblent parfois un peu plus ... 

Bravo aux participants pour leur éventail de buvabilité :

 

- Jill Silverman

- Didier Larnac

- Diane Debuisser

- Didier Chaffardon

- Etienne Vacquet

- Geoffroy d'Andigne

- Marc-Olivier Deblanc

- Patrice & Jacqueline Bernard

- Benjamin Baudet

- Philippe Méaille


Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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Lundi 9 avril 2012 1 09 /04 /Avr /2012 18:06

 

     J'ouvre ici une nouvelle rubrique. Les soirées de l'Hôtel Maillard ! De temps à autre, il se passe quelque chose de grand à l'Hôtel Maillard. Les bouteilles sont ouvertes avec le coeur et seul le plaisir émotionnel compte. Pour tout vous dire, les soirées de l'Hôtel Maillard ont déjà eu lieu une fois. Je l'avais alors intitulé : De boire, mon coeur s'est arrêté ... 

En voici donc le second volet titré Autant en emporte le Vin


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Autant en emporte le Vin a débuté sagement avec Les Rachais 2005 de Francis Boulard. Ce champagne en impose par sa densité, une carrure pleine mais une finale tout simplement saline. Du grand Boulard, le genre de pureté indéboulonnable.

Dans les années 1930, le Champagne avait pour réputation de faire péter ces dames. Alors on dégazait leur verre de Champagne à l'aide d'un petit accessoire composé d'ivoire en forme d'étoile. Une fois mis dans le liquide, il suffit de tourner la branche sur elle-même et le tour est joué ! Résultat ? Vous avez un Champagne vineux. Le gaz a disparu ... 

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Dégazeur à Champagne en Ivoire des années 30 ...

 

Ceux qui possèdent encore une telle pièce doivent en connaître la valeur ... Personnellement j'ai préféré boire Les Rachais de Francis Boulard avec son gaz. Déjà qu'il y en a peu et que l'impression vineuse est présente, il me semble peu astucieux de lui enlever une partie de sa niaque. Mais quelle finale sur le sel, incroyable ...

 

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La suite s'est écrite sur une base d'improvisation dans le choix des bouteilles. Hommage à Louis Derré de Eric Nicolas (Jasnières - Coteaux Du Loir) ne fut qu'un début. Sur 2003, ce rouge fait illusion par sa bouche longue et profonde. Un vin très plaisant malgré un nez envolé (notes de cave peu aguichante). Avant de goûter à des blancs nous voulions préparer notre palais. Le vinaigre de Didier Chaffardon fera l'affaire. Je n'ai jamais dégusté un vinaigre comme celui-là ! Une sorte d'acidité volatile le tient. Une bouche magistrale, quel bonheur de goûter à ce genre de flacon.

 

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Vinaigre de Didier Chaffardon (vigneron en Anjou)


On reste dans la Loire avec Les Vignes Françaises en Foule 2006 de Mark Angeli. Un vin provenant d'une parcelle plantée à 40 000 pieds à l'hectare. Le genre de vin blanc indescriptible. Je vous dirais juste que le vin offre une sensation enflante en fin de bouche. Plus les secondes passent plus le vin enfle. Ce sentiment, je le retrouve à chaque fois que je goûte des vins issus de vigne franche de pied (sans greffage).

 

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Petite anecdote. A l'époque, pour avoir accès à cette bouteille, il fallait acheter un Zébu ! On n'achetait pas la bouteille mais le Zébu (plan d'action de solidarité pour le Madagascar organisé par Mark Angeli).  

 

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On continue avec d'autres blancs phénoménaux et cet Isidore 2004. Ceux qui en possèdent encore quelques flacons savent à quel point il s'agit là d'un ovni. Un nez incroyable. Cela sentait les céréales ! Une espèce de sensation d'iode chaud dominait, une sorte de whisky-vin. Unique ! La bouche pétille encore et apporte une fraîcheur insolente. C'est long et digeste avec énormément de maturité (en même temps je ne connais pas de vignerons qui ramassent des raisins plus tard que Didier Chaffardon). L'un des meilleurs blancs que j'ai pu boire dans ma vie.

 

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La suite s'est faite à l'aveugle avec une Coulée de Serrant 1995. Tout le monde connait ce Savennières mythique de Nicolas Joly mais peu ont eu accès à ce 1995 moelleux ! Et oui en 1995 et 1996 (si je ne me trompe pas), il y eu des Coulée de Serrant avec du sucre résiduel. A la dégustation, le sucre est vraiment secondaire, il ne domine pas. C'est superbe maintenant et pour pas mal d'années je crois.

 

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J'ai pris peur lorsqu'un certain Philippe a ouvert la bouteille de Chambertin-Clos-de-Bèze de Prieuré Roch. Le bouchon s'est cassé, c'est banal mais bon, au prix de la quille on a le sourire difficile parfois. Après cet incident mineur, le vin, lui, s'est montré majeur ! Une beauté féminine que ce vin. Une matière éclatante, un vin plein d'énergie et de vibration. J'adore ça, je ne comprends pas tout dans ce vin et j'aime en rester là ...

 

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Difficile d'enchaîner après ce Clos de Bèze. Alors on a tellement aimé Isidore 2004 que nous avons décidé de le tester sur 2009 (2007 sur l'étiquette mais bel et bien un 2009). C'est une mise en bouteille spéciale (seulement 90 bouteilles sur le marché, il n'y en a plus je vous rassure). Il s'agit du même Isidore 2009 que l'on trouve chez tous les bons cavistes sauf que celui-ci n'est pas filtré et donc capsulé. Didier m'avait dit qu'il restait 29 grammes de sucres je crois. On ne les sent pas, c'est d'une fraîcheur et d'une salinité incorrigible. Du grand grand grand Charffardon !

D'ailleurs, l'impression saline nous a suivi toute la soirée. Il n'y a pas un vin qui n'avais pas cette finale de sel. Un point commun que j'aime. Et ce n'ai pas le vin suivant qui va me contredire ...

 

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Le Vin Jaune 1989 de Pierre Overnoy : une éclipse ! C'est géant !

Comment l'expliquer avec des mots ??? Je n'y arrive pas ...  

 

Il y avait une autre bouteille après ce Jaune. Il s'agissait de la cuvée Sayonara (pas pour tout le monde) de Thierry Puzelat en Touraine. Je ne me souviens plus des sensations que j'ai ressenti sur ce vin, mon esprit s'est bloqué, focalisé et est resté cadré sur ce Vin Jaune 89 de la maison Overnoy.

Vous l'avez compris, ces soirées sont l'occasion d'ouvrir et de partager des flacons rares & singuliers. J'espère que Les soirées de l'Hôtel Maillard vont durer ... J'espère aussi que je parviendrai à être à la hauteur des vins que j'ai la chance de goûter.

 

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Bravo et merci aux participants de cette deuxième soirée mémorable

 

- Agnès Thurnauer

- Diane Debuisser

- Didier Larnac

- Philippe Méaille

 

Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 00:20

 

     Il est des soirées, parfois, où la nature profonde du vin naturel n'a plus de sens. 11 vins d'auteurs ont comblé mon palais de joie mais surtout d'émotions uniques. Description de souvenirs d'une dégustation renversante ...

 

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Le premier vin de la soirée. Un vin qui n'a jamais été commercialisé sur ce millésime. Pourquoi ? On peut répondre par une autre question. Qui aurait acheté un tel vin ? Le Gory 2003 du Château Yvonne (qui a changé de propriétaire depuis) doit être carafé. Beaucoup de gaz s'échappant rapidement pour laisser place à une maturité incroyable. Il porte en lui ce nez de citron confit et de quinine. La bouche est harmonieuse. Parfaitement en place, ce Saumur blanc offre - malgré l'effet solaire du millésime et la surmaturité également recherchée - un équilibre virvoltant. On y trouve surtout beaucoup de plaisir et une définition assez poussée d'un vin dynamique. Les 13% d'alcool notifiés sur l'étiquette sont là pour la formalité. Le vin en fait bien sûr 16 ou 17.

 

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Après un tel vin plus que surprenant, il fallait quelque chose qui favorise la refonte du palais. Rien de mieux qu'un vin porté sur l'oxydatif pour cela. Soleil de Midi de Christophe Guittet (j'en avais déjà parlé ici & ) à ceci de particulier. Evidemment ce 2008 montre un nez basé sur l'oxydatif, un petit côté pomme mais "Vous avez beau dire. Y'a pas seulement que de la pomme, y'a autre chose." comme dirait Paul Volfoni (Jean Lefebvre) dans la scène mythique de la cuisine des Tontons Flingueurs. Un fond épicé, du fruit et du poivre et surtout de la digestibilité.  

 

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Moins commun à trouver maintenant. Les Vignes du Moulin de Didier Chaffardon. Quand un ovni fait un ovni. Voilà un Rouge de Cabernet Franc (je crois) sur 2007. Rien à voir avec la dilution du millésime. Au contraire le vin dévoile un nez de fruits très mûrs. Sorte de petite liqueur avec ces notes particulières de cerises à l'eau de vie. En bouche, une acidité de mammouth tient le vin et pour longtemps. D'une rare buvabilité ...

 

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Il nous fallait un esprit de comparaison pour juger d'une telle acidité sur le vin précédent. Le 1989 de Jean-Pierre Amoreau du Château Le Puy fut parfaitement à la hauteur. Une grande bouteille ne tient pas à grand chose. Un nez équilibré, loin d'être mort, loin d'être sur le déclin avec son fruit frais malgré son âge. Une acidité qui tient une bouche encore large. Très efficace, ce Bordeaux Côtes de Francs est bien en place et les heureux possesseurs d'un tel flacon : soyez sans crainte ! 

 

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Si il y avait une petite déception elle est ici. Sans doute attendais-je trop de Visinum du Casot des Mailloles d'Alain Castex. Malgré une somptueuse matière juteuse, l'acidité volatile que dégage ce vin en ce moment masque le plaisir du simple fruit. Elle embarque le vin et ne le lâche plus. Les sensations sont masquées et on est aveugle en dépit d'une telle matière. Dommage, Visinum reste très bon tout de même mais le vin ne voulait pas se livrer davantage.

 

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Un autre ovni me semble t-il. Voici la cuvée Franc de Pied 2005 de Julien Courtois. Du blanc comme il est rarement permis d'en boire. Du Menu Pineau splendide. Equilibre, ouverture et solidité définissent un superbe Franc de Pied.

 

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Nous continuons avec un vin farceur. Un rouge 2005 de Didier Chaffardon qui se fait passer pour un blanc. Le nez d'un blanc, la bouche d'un blanc mais bel et bien un rouge. Etonnant un tel vin. Servi à l'aveugle, au-delà du plaisir qu'il autorise à ressentir, ce vin permet surtout à n'importe quel dégustateur de prendre une leçon d'humilité.

 

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Les Vignes Françaises en Foule de Mark Angeli (Ferme de la Sansonnière en Anjou) fait également partie des cuvées hors norme. Je n'ai pas beaucoup de mots à vous exposer mais une simple sensation de plénitiude due à une matière aérienne qui pose le vin dans la durée. La matière est étirée et persiste longuement sans fatiguer.

 

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Le vin qui suit est une petite bombe. La cuvée Victor & Joseph 1996 du Château de Suronde ! Sous son étiquette de Quarts de Chaume et sa couleur cuivrée magnifique se dégage un vin ciselé, animé par la grâce et l'esprit musical. Plus qu'attirant, il est irrésistible. Ses notes d'un soir offraient menthols, confiseries, coings et abricots confits ... Jamais le vin n'est tombé dans le mou. Acidité et fraîcheur habitent un vin d'un haut équilibre. Plus de 300 grammes de sucres résiduels mais d'une grande buvabilité : la beauté des grands liquoreux ...

 

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Parfois la facilité des vins naturels font oublier qu'il existe d'autres vins plus droits. Soudain l'envie de goûter à un vin d'une plus grande rectitude se fit sentir. Alors Brézé entre en scène. Un Saumur Blanc made in Clos Rougeard. Grandiose. Un nez bourguignon, une impression de boule de feu en bouche et une finale d'une minéralité qui force l'admiration. Les yeux écarquillés et la bouche révitalisée par un tel vin, nous pouvions continuer pour un dernier flacon.

 

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La Transversale de Joseph Landron (Muscadet) c'est inoubliable. Un 1996 élevé sous voile. Un vin porté vers l'oxydatif donc mais pas que. La légende raconte que le vigneron a oublié quelque part une barrique pendant 6 années. Epices, petits fruits confits, clou de girofle, vieux rhum et fruits secs forment un nez singulier. Le vin est incassable à l'air. La salinité de cette Transversale parle d'une voix douce et fait ressembler ce vin à une mélodie qui tourne en boucle. 

Par Jean-Charles - Publié dans : Les soirées de l'Hôtel Maillard
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